À la une En ville

Un groupe Facebook d’images de Saint-Denis
/ Le patrimoine, c’est tous les jours

Marina Bastiani est amoureuse de sa ville et de ses habitants. Au point d’avoir ouvert un groupe Facebook « Saint-Denis, passé, présent… » qu’elle alimente d’images anciennes et actuelles glanées ici et là. Et qui génère un formidable réseau de Dionysiens.
D’anciennes photos, comme cette vue de la rue Péri en 1977, sont le support d’échanges entre ex et actuels Dionysiens.
D’anciennes photos, comme cette vue de la rue Péri en 1977, sont le support d’échanges entre ex et actuels Dionysiens.

Parce qu’elle ne trouvait pas de groupe Facebook sur Saint-Denis correspondant à ce qu’elle recherchait, Marina Bastiani a créé le sien. « Saint-Denis, passé, présent… » est donc né en 2014.

La jeune femme met « un point d’honneur à ne pas traiter d’actualité, à ne pas rentrer dans les débats politiques, en refusant tous les propos haineux, racistes et discriminants [qu’elle a] pu voir ailleurs ». Alors Marina publie des photos de cette ville où elle est née en 1980, à l’hôpital Delafontaine, et qu’elle aime tant, comme « les gens qui la composent et son passé ». Sa famille est arrivée d’Italie à Saint-Denis dans les années 1960. Marina y a fait sa scolarité jusqu’au bac. « J’ai habité la Plaine, la cité Franc-Moisin et le centre-ville. Actuellement, je n’y vis pas pour des raisons professionnelles, mais je reviens régulièrement car j’y ai toujours des attaches. »

Marina alimente sa page Facebook grâce à une collection de plus de 300 cartes postales et photos anciennes héritées de sa famille. Elle en achète aussi sur des sites de vente aux enchères ou s’en procure via des banques d’images en ligne comme la BNF… « Et beaucoup me sont envoyées par les membres du groupe, photos personnelles ou d’autres glanées ici et là. » Dont certaines téléchargées sur le site des archives de la Ville, inexploitables pour des raisons de droits d’auteur. « L’idée d’un partenariat avec la structure municipale m’a traversé l’esprit. Il faudrait que j’en reparle avec les responsables », projette Marina.

 

Rue Gabriel Péri, Saint-Denis dans les années 50

 

Plus d’un millier de photos en tout genre

En attendant, elle a de quoi faire, forte de plus d’un millier de photos en tout genre, à trier – les clichés de trop mauvaise qualité sont écartés – voire à retoucher. « Je fais aussi un travail de documentation qui me tient à cœur. J’ai quelques ouvrages sur Saint-Denis qui me sont utiles pour proposer des annotations intéressantes et des infos méconnues. » Au travers de ce riche panorama patrimonial dionysien, les membres du groupe – 5 100 à ce jour (1) « et c’est en constante augmentation » – échangent, évoquent le passé, se retrouvent. « C’était l’un des buts premiers, dit la jeune femme. Partager des souvenirs et des anecdotes, mettre en relation des gens qui s’était perdus de vue, anciens voisins, camarades de classe, amis d’enfance, collègues de travail, membres d’une même famille dispersés… »

Aussi est-il fréquent de lire des témoignages tels que : « Ces photos permettent de faire remonter de beaux souvenirs et de reprendre contact. Merci. » Les liens distendus par le temps se renouent : « Tu étais toute petite et tu habitais le 2e étage à droite, mois j’étais au 3e gauche. » On prend des nouvelles des uns des autres, des naissances, des décès, des études des petits qui ont bien grandi… La vie, quoi !

C’était (pas toujours) mieux avant

L’actualité d’antan est aussi abondement commentée, dessinant une histoire commune, comme cette photo de l’incendie des dépôts de la Société des Hydrocarbures de Saint-Denis, le 30 janvier 1968 : « J’habitais à Franc-Moisin au temps des pavillons et des bidonvilles. Tout à coup, une explosion ! Ma famille s’est éparpillée et on s’est retrouvé à marcher sans s’arrêter jusqu’à Gonesse… La peur de notre vie ! Je m’en souviens comme si c’était hier. »

Des souvenirs souvent teintés de la nostalgie d’un – bon – temps révolu. Sauf que les archives partagées par Marina tordent parfois le cou à cette image d’un passé idyllique : les immeubles vétustes du centre-ville dans les années 1970, le bidonville du Cornillon en 1959, celui de Franc-Moisin en 1973… Qui a fait réagir un internaute : « C’est étrange : les ronchons qui parfois s’exclament “c’était mieux avant” ne font pas de commentaires ici ! C’est fou de voir l’état des banlieues il y a 40 ans, et l’énorme travail social fait depuis. » En tempérant : « Cela dit, il y a toujours beaucoup de gens à la rue où dans des logements précaires indignes. Le travail et l’entraide doivent continuer. »

Une réflexion que pourrait partager Marina, qui dit « avoir le souci de l’avenir économique, sociétal ou politique de Saint-Denis ». Peut-être ne renierait-elle pas non plus la remarque d’un autre membre du groupe : « Il aurait fallu faire le futur avec un peu de passé. »

Facebook : Saint-Denis, passé, présent…
(1) Environ 45 % des membres habitent Saint-Denis, le reste vit dans des villes limitrophes, en province ou à l’étranger, dont beaucoup d’Espagnols et Portugais retournés au pays. Les 25-34 ans sont les plus nombreux, suivis de près par les 35-44 ans.

Réactions

Belle initiative de Marina Bastiani, il n'est pas inutile de comparer le présent au passé.
Bonjour , J'ai regardé avec beaucoup de nostalgie les photos de Saint-Denis Passé Présent. Nous sommes une famille à St Denis depuis 1947, Mes parents ont connu St-Denis de cette période. Nous habitions dans une petite rue qui s'appelait Rue Notre dame pas loin de la basilique. Et Puis nous avons déménagé à la cité Pierre sémard. Place Julian grimau au N°9 et ensuite au 40 AV. DU COLONEL FABIEN. Que de merveilleux souvenirs. Avec les bals, la fête foraine la fête du lendit, la fête des bretons. et j'en passe. Magnifique. Je suis désolée de ce qu'est devenue St-Denis. C'est triste.
Je voulais rajouter , là où se trouve votre journal se trouvait un dispensaire où les infirmières étaient des religieuses. il y avait aussi un cinéma" le Bretagne" dans la rue de la république. C'est à partir des années 1980 où le charme de ma ville a disparu. Triste et dommage. Même si bien sûr tout n'était pas toujours réjouissant. Mais c'était moins choquant qu'aujourd'hui. C'est triste mais je ne me rends plus au centre ville. trop violent. trop de monde et sale.
Bonjour. Je ne doute pas du caractère positif de cette page facebook. Il y a beaucoup de nostalgie dans la période des trente glorieuses... Ou tout était possible. Il y a avait de la pauvreté, des cités, des immigrés dans les années 60 70 80. Mais il y avait une population qui, avec des bas salaire, arrivait à s'en sortir. Aujourd'hui, la volonté d'en faire une ville du tiers monde et surtout une population qui ne travaille pas... Elle s'enfonce dans la pauvreté. C'est ce que S. PRIVE avait souligné dans son analyse sur la gestion urbaine de proximité. Les quartiers qui sont pauvres, restent pauvres. J'espère que les élus lisent cette page... Il y avait du bon vivre... malgré la pauvreté. Pas celui du bon vivre de D. PAILLARD. Celui la n'existe pas et n'a jamais existé.

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