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Collecte sélective
/ Le marché trie ses biodéchets

Depuis la fin janvier, Plaine Commune expérimente avec l’appui du Syctom le tri à la source des déchets alimentaires dans une trentaine de sites, dont le marché de Saint-Denis.
A chaque marché, 500 à 800 kg de déchets alimentaires sont collectés par l'employé de Moulinot.
A chaque marché, 500 à 800 kg de déchets alimentaires sont collectés par l'employé de Moulinot.

Depuis le 30 janvier, il est de chaque marché. Et en arpente les allées, l’œil attentif, parmi les stands alimentaires. Il avise tour à tour les nouveaux bacs à couvercle brun disposés ici et là. En inspecte le contenu avant de les acheminer tour à tour jusqu’à un petit camion-benne garé près de la place, à l’estampille de la société Moulinot. Carcasses de poulets, épluchures de poireaux, fanes de carottes, tomates abîmées... Ce sont 500 à 800 kg de déchets alimentaires que Youssouf Traoré déverse dans sa benne à chaque marché. Ainsi démarre le cycle pour la valorisation  des « biodéchets » qui est testé depuis quelques semaines sur le territoire à l’initiative du Syctom, Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères.

Avec Moulinot, son prestataire, Plaine Commune a retenu outre le marché de Saint-Denis, ceux de La Courneuve et d’Aubervilliers. Et vingt-cinq autres gros producteurs, générant chacun plus de dix tonnes de déchets par an. Parmi ces traiteurs, restaurants scolaires et d’entreprises, le RIE du groupe Elior, Les Borromées 1 à la Plaine. 350 repas y sont servis aux salariés principalement de l’EFS, Établissement français du sang, et de la Société Générale. Moulinot y a démarré depuis peu ses collectes, deux fois la semaine. « Avant on mélangeait l’ensemble des déchets dans la même benne » raconte Aline Zelazna, sa directrice. Déjà engagé dans une « gestion optimisée des déchets », le groupe Elior a ainsi étendu à son établissement de Saint-Denis ses bonnes pratiques. Mme Zelazna évalue aujourd’hui chaque collecte à quelque 250 kg qui entre deux passages sont stockés en local réfrigéré. À l’étape de la fabrication des repas, « cela ne pose pas de problème, observe-t-elle. C’est surtout une contrainte pour les personnes qui débarrassent les plateaux ».

Digestat et biogaz

Moulinot estime à 25 tonnes par mois sa collecte sur Plaine Commune. Et prévoit de la doubler d’ici l’été. Pour en assurer le traitement, l’entreprise a dû s’associer à deux filiales de la société Saria. C’est d’abord Sarval, dont le site, au 77, rue Charles-Michels, prend en charge l’ensemble des biodéchets acheminé par Moulinot. Puis c’est l’unité de méthanisation Bionerval où ils sont transférés près d’Étampes dans l’Essonne. Stockés dans des cuves sans oxygène, les déchets alimentaires mélangés aux déchets verts (tontes de gazon, taille de haies…) sont dégradés par des micro-organismes en digestat, produit humide destiné à l’épandage ou au compostage, et en biogaz, mélange de méthane et de gaz carbonique pour l’essentiel. Et qui une fois épuré produira par cogénération de l’électricité réinjectée sur le réseau ERDF.

Mais la vocation de Moulinot, c’est le compostage. « Car nos sols sont de plus en plus pauvres », explique Maxime Porte, son directeur du développement. C’est cette préoccupation que met en avant Stephan Martinez, restaurateur par tradition familiale, et fondateur en 2013 de cette entreprise  pour valoriser les biodéchets de la restauration. Moulinot ne dispose pour l’heure que d’une plateforme de transfert à Noisy-le-Sec. « Notre autre exutoire est celui de Veolia à Villeneuve-Saint-Georges. » L’entreprise, qui compte près de 500 points de collecte en région parisienne, table en 2018 sur 10 000 tonnes. Cinq fois plus qu’en 2016. Cette montée en puissance vaut pour l’ensemble des acteurs de la filière. Et ce n’est qu’un début. Ou presque.

Tous les biodéchets valorisés d'ici 2025

À son entrée en vigueur en 2012, la loi Grenelle II imposait le tri à la source des biodéchets par les gros producteurs de plus de 120 tonnes par an. Le seuil est passé progressivement à 10 tonnes. Avec la loi de transition énergétique d’août 2015, ce sont tous les producteurs, y compris les ménages qui devront trier les déchets organiques aux fins de valorisation, compost ou méthane. L’échéance est fixée au 1er janvier 2025. Une perspective improbable pour Saint-Denis où les consignes pour séparer verre et emballage s’appliquent déjà difficilement. « On en est tous conscients, reconnaît Delphine Helle, conseillère territoriale en charge de la propreté et du cadre de vie. La part de tri pour les bacs jaunes ne dépasse pas les 20% pour l’ensemble de la métropole. Et on est bien en dessous de ce seuil. » Un bon signe pourtant : avec l’appui du Syctom encore, le compostage progresse à petits pas auprès des particuliers. En 2017, Plaine Commune a distribué à ceux qui en ont fait la demande 1 226 composteurs contre 397 en 2016. 

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