Cultures

Ibrahim Maalouf
/ "Le Festival stimule mon imaginaire"

Le trompettiste virtuose, habitué du rendez-vous dionysien, clôturera le festival avec une création, riche de musiciens invités, qui laissera la part belle à l'improvisation.
Lors de la générale en 2014.
Lors de la générale en 2014.

C’est en terre amie qu’Ibrahim Maalouf assurera, mercredi 7 juin, le concert de clôture de Métis prévu dans la Basilique. Après deux créations symphoniques pour le festival de Saint-Denis, le trompettiste donnera dans un autre registre. « Je voulais tester quelque chose de plus souple, de plus léger. Quelque chose de moins grandiose mais de plus délicat, dévoile-t-il. Je défends l’improvisation musicale depuis longtemps, je voulais en profiter pour réunir des improvisateurs que je respecte ». A ses côtés, on retrouvera, entre autres invités, les trompettistes Erik Truffaz et Nils Petter Molvaer, le violoniste Gilles Apap, le guitariste Nguyên Lê et le bassiste Etienne MBappe. Pour son concert à Saint-Denis, Ibrahim Maalouf prévoit ainsi de faire la part belle à l’improvisation. Un exercice qu’il admet risqué mais pour lequel il voue une véritable passion, lui qui a pourtant une formation de musicien classique. « Globalement, l’improvisation est devenue une sorte de mode de vie, une philosophie qui dépasse le cadre musical. Que ce soit dans la musique ou dans le rapport que l’on entretient avec l’autre, on doit toujours créer un état d’esprit qui facilite le lien et l’empathie, le vivre ensemble en somme », revendique le virtuose. La liberté et l’indépendance sont au service du bien commun… Et de l’instant présent aussi.

« Il y a une chose, musicalement, que l’on ne peut pas détourner : C’est la création instantanée ! Ce moment magique et unique qu’on ne peut pas salir. C’est comme la parole d’un bébé qui balbutie ses premiers mots, elle est forcément saine ». Inventée par son père Nassim Maalouf, sa trompette à quarts de ton lui autorise à jouer des modes à la coloration orientale tout en conservant une empreinte jazz, classique et même pop à certains égards. « Ce n’est même plus une trompette, c’est comme jouer d’un autre instrument », selon lui. Il a su imposer cette signature, ce cuivre symbole de son métissage musical, à travers ses projets et des collaborations tous azimuts tordant le cou aux sacro-saints préceptes qui voudraient faire de la musique un espace enclavé.

Ibrahim et le festival, sept ans que ça dure !

Ibrahim Maalouf renoue cette année avec le festival de Saint-Denis qui l’a vu évoluer et éclore depuis son premier passage en 2010 dans le cadre de Métis. Un lien profond les unis aujourd’hui. « C’est un festival qui m’a beaucoup encouragé à créer, à inventer et qui a stimulé mon imaginaire, reconnaît le franco-libanais. Ce n’est pas un festival qui rebondit sur la notoriété des artistes… Et lorsque je constate la disparition de certains festivals de son envergure, je me dis qu’il faut absolument préserver ce qu’il nous reste ». Les instants d’échanges musicaux et humains conservés dans la boîte à souvenirs du festival en disent long sur sa relation avec Ibrahim.

Pour sa première apparition à Saint-Denis en 2010, Ibrahim est invité par le oudiste Smadj, avec lequel il partage un commun désir d’escapades mélodieuses. L’année suivante, il revient pour un concert phénoménal donné sur le parvis de la Basilique. En 2012, le festival de Saint-Denis et Radio France lui commandent une création. Il signe alors son premier concerto pour trompette avec l’œuvre « .33 ». En 2014, Ibrahim Maalouf s’associe à la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin. Trois ans après, les étagères pleines de prix, il retourne sous les voûtes centenaires de la Basilique. « C’est un lieu en décalage avec son environnement. On est sur un territoire censé être complexe socialement au milieu duquel il y a cet îlot spirituel. Cela forme une cohabitation entre le spirituel et le social. La musique c’est formidable dans ce lieu car elle devient un lien, une synapse avec l’environnement extérieur », évoque-t-il.  

Les dionysiens sont invités à venir profiter du bœuf géant orchestré par Ibrahim Maalouf retransmis dans son intégralité, et en direct, sur le traditionnel écran géant installé sur le parvis de la Basilique. Après sa tournée d’été et quelques productions, le trompettiste prendra bientôt une pause de plus d’un an pour se reposer et se ressourcer. Un interlude bien mérité.

Maxime Longuet

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