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/ Le dernier jour où Mounia Raoui était petite

Mounia Raoui portera seule sur les planches du CDN dionysien le texte qu’elle a écrit sur son enfance, son désir de théâtre. Un monologue mis en scène par Jean-Yves Ruf.
(c) DR
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Dans l’écrin intime de la salle Jean-Marie Serreau du TGP, Mounia Raoui est seule en scène. Du 8 au 26 novembre, elle y raconte Le Dernier jour où j’étais petite, un texte qu’elle a écrit avec sa plume, son cœur, sa chair, sa pensée. C’est peu dire qu’elle le porte. À quelques jours de la première, son regard est brillant de force et de crainte, de certitude et de doute, dans tous les cas de passion. Elle y évoque l’enfance, le jour où elle a appris à dire non, le théâtre. « Je parle de cette enfance qui continue à me “faire” en tant qu’adulte. L’enfance, c’est la cellule-souche du spectacle », confie-t-elle. Son texte est un conte superbement écrit, dit à la première personne de la singulière. Car singulière, elle l’est Mounia Raoui, consciente et confiante dans ce que disent son nom et son prénom : « Mounia veut dire désir, souhait, et Raoui signifie le conteur. J’ai en moi le désir de raconter. » Elle ne pouvait donc que faire du théâtre. Et peindre dans son spectacle cet art difficile et essentiel. « Oui, mais j’en parle comme d’un travail. Je suis une ouvrière du théâtre. On a du mal à en vivre, à gagner suffisamment d’argent pour ne pas que survivre, mais c’est le lot de nombreux travailleurs. »

 

« Images du passé et rêves du futur »

Seule en scène, Mounia Raoui l’est. Mais avec la grande complicité de Jean-Yves Ruf. On avait vu de lui au TGP une magnifique mise en scène des Trois sœurs de Tchekhov en 2015, et une intéressante création, Jachère, en 2016. Tous deux se sont rencontrés au TNS de Strasbourg, d’où est originaire Mounia Raoui et où travaillait Jean-Yves Ruf. Ce fut d’abord une re-connaissance, comme frère et sœur de théâtre : on se rencontre, on suit le travail de l’autre de loin en loin. Un jour, Jean-Yves Ruf apprend par un tiers que Mounia Raoui écrit un texte. La vie n’est pas facile pour elle : difficultés du métier, isolement social, maladie. « J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait là quelque chose à partager, matière à s’élever ensemble. Son texte suggère, il est comme une errance, un mouvement de la pensée. C’est un monologue intérieur fait d’images du passé et de rêves du futur », indique le metteur en scène. Une première « maquette » du spectacle est présentée en mai dernier au TGP, sous l’œil notamment de Jean Bellorini, le directeur du CDN de Saint-Denis. Celui-ci décide aussitôt de programmer Le Dernier jour où j’étais petite dès cette saison. Jean-Yves et Mounia poursuivent alors le travail, au cours duquel le texte se nourrit de celui-ci et évolue en permanence. « Avec toujours cette volonté féroce chez elle de rester debout, de comprendre avec lucidité le monde où l’on vit, souligne Jean-Yves Ruf. Et quand elle parle de l’enfance, c’est comme une ressource, elle interroge ce qui est vivant en nous de ce pays-là… » Mounia écoute, savoure ces paroles et veut aussitôt insister sur la notion de partage : « J’aime l’idée que chaque spectateur entende le spectacle comme s’il ne s’adressait qu’à lui. Je veux l’inviter à une rencontre entre nos imaginations, qu’elles se situent au théâtre ou dans la vie. »La brillance du regard s’amplifie encore un peu plus. l

Benoît Lagarrigue

Le Dernier jour où j’étais petite, de et avec Mounia Raoui, mise en scène de Jean-Yves Ruf, du 8 au 26 novembre au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Jean-Marie Serreau), du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30. Relâche tous les mardis et le jeudi 23 novembre. Durée estimée : 1 h. Tarifs : 6 € à 23 €. Réservations : 01 48 13 70 00 ; www.theatregerardphilipe.com

légende : Mounia Raoui dans Le Dernier jour où j’étais petite, le texte qu’elle a écrit, mis en scène par Jean-Yves Ruf.

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