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Jacques-Duclos
/ Le deal a condamné un parking

Le bailleur Plaine Commune Habitat a pris la décision de fermer l’un des deux garages souterrains de la cité pour contrer le trafic de drogue qui y sévit depuis au moins un an.
Le parking 1 a été fermé par le bailleur.
Le parking 1 a été fermé par le bailleur.

« C’est incroyable d’en arriver là », soupire cet habitant de Jacques-Duclos. Depuis le vendredi 23 juin, l’un des deux parkings de la cité, le P1, est condamné. Deux pierres épaisses bloquent l’accès. L’entrée est murée. Le bailleur social Plaine Commune Habitat (PCH) a pris cette décision en concertation avec les locataires pour « des raisons sécuritaires et techniques » comme elle en informe sur une affiche sur la porte principale du garage souterrain. Depuis au moins un an, les dealeurs s’étaient accaparés le lieu pour faire leur business. La cohabitation avec les riverains était devenue impossible, à cause des dégradations, des allers-venues des clients ou encore de la difficulté des policiers d’y intervenir. 

« Le trafic s'est trouvé désorganisé et pendant le week-end, il n'y avait plus de guetteurs, donc plus de cris. Cela repose », raconte une ancienne de la cité. Mais « dès lundi, les guetteurs sont revenus et les cris aussi ». « On ferme les fenêtres. Mais même avec le double-vitrage, on perçoit les bruits. Cela devient infernal, les chouffes [guetteurs], plus ils s’installent, plus ils prennent la confiance. C’est gavant ! », renchérit un autre locataire. « C’est tout le quartier qui est touché, gangréné par le trafic. Je ne sais pas comment on va en sortir », continue-t-il.

Jacques-Duclos est situé à Delaunay-Belleville dans le nord de Saint-Denis où se trouve le commissariat central. Ce quartier, communément appelé « DDF », est devenu l’une des places fortes du deal dionysien. Dans le même secteur, la cité HLM Gaston-Dourdin rencontre la même problématique. Fin avril, le bailleur social Logirep avait condamné l’un de ses parkings. Cette décision n’a pas endigué le trafic, mais elle l’a concentré dans un bâtiment de la cité. Déplaçant le deal, celui-ci a même débordé dans la résidence concomitante où les guetteurs se sont installés pour prévenir l’intervention de la police. 

À Jacques-Duclos, PCH a fait des travaux dans les deux parkings. Seul le P2 reste ouvert aux locataires. L’électricité y a été réparée, le courant rétabli et les lieux nettoyés. Jusqu’au weekend du 1 et 2 juillet, des maîtres-chiens ont assuré la sécurité des lieux. Mais depuis leur départ, les trafiquants ont pris possession du parking. « La porte est cassée. Quand ils font leur trafic, ils baissent le rideau », raconte une riveraine. Pour remédier à cette situation, le bailleur réfléchit à pérenniser la présence des maîtres-chiens. Mais ce dispositif a un coût qui se répercuterait en partie sur les utilisateurs du parking. L’amicale des locataires doit être consultée sur cette éventualité. « Ce sont des familles déjà en difficulté qui devront payer, regrette cet homme. Mais les gens sont prêts à le faire pour assurer leur tranquillité. »

Aziz Oguz
 

Pour en savoir plus: 

Réactions

Pourquoi les articles concernant le trafic de drogue n'évoquent-ils que le quartier Delaunay Belleville? La cité Gabriel Péri par exemple, mais il y a bien d'autres quartiers (ex:rues perpendiculaires à la rue de La République) connaissent les mêmes problèmes. Ce fléau gangrène la ville. La place d Général Leclerc commence à être touchée. On peut regretter l'absence du maire- adjoint à la "tranquillité publique" qui n'est guère sur le terrain et peu audible. Bien sûr que les gouvernements successifs ont abandonné notre ville mais reconnaissons que certains élus aussi. Le tissu blessé, celui de l'individu comme celui de notre société dionysienne devrait être cicatrisé par des actions courageuses, Monsieur le Maire -adjoint à la "tranquillité publique".
Bonsoir. Le deal n'a pas seulement condamné un parking mais toute la ville!!! Toute une jeunesse habituée à tenir les murs et à l'argent facile. Tout un éco système tourne du deal. Symbole de cet échec: 500 kg saisi au CTM. Sujet évacué par nos élus mais symptôme d'une ville en perdition.
C'est du sud au nord, d'est en ouest que la ville est envahie par les dealers. Cité Pablo Néruda la ville laisse en place des barrières qui permettent aux guetteurs de filtrer et fermer les accès piétons à le cité.Pourquoi ces barrières ne sont elles pas systématiquement enlevées?
C'est un bon article. Merci à son auteur Mr Aziz Oguz. Un article de presse décrivant la prise de contrôle de l'espace public par les trafiquants de drogue c'est rare. Par paresse intellectuelle et par peur les rédactions parisiennes n'investiguent jamais sur ce fléau. Cette enquête permet de réfléchir ensemble par quel moyen enrayer les trafics de drogue et comment retrouver la tranquillité.
Pour les séquano-dionysiens il existe un moyen efficace d'aider la Police Nationale à arrêter les trafiquants de drogue. C'est de communiquer avec elle par sms. Il faut aller dans un commissariat et demander aux policiers s'ils ont un 06 auquel on peut envoyer des photos des trafiquants et des sms (on a tous un smartphone). En général les policiers acceptent de donner un 06 professionnel, ils sont même demandeurs. Après il faut former une équipe de plusieurs habitants motivés. L'essentiel est la rapidité avec laquelle on envoie des informations à la Police Nationale et de prendre de bonnes photos pour permettre la réussite de l'intervention.

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