Cultures

La Sociale à l'Ecran

Jeudi 16 mars, l'Ecran a organisé un ciné-débat autour du film La Sociale, réalisé par Gilles Perret et sorti en novembre dernier. Deux cents personnes ont assisté à la projection parmi lesquelles beaucoup de militants communistes et sympathisants.

Le directeur de l'Ecran, Boris Spire, introduit brièvement le documentaire : « C'est un film qui raconte la création de la Sécurité sociale et les raisons, nombreuses, pour lesquelles il faut la maintenir. », avant d'ajouter : « La soirée est portée par l'Ecran, qui tient à son indépendance ». Dans la salle, les militants du parti communiste sont nombreux. C'est d'ailleurs l'un d'eux qui interviendra à l'issue de la projection. Fabien Cohen est médecin à Ivry-sur-Seine et responsable de la commission santé et protection sociale au PCF. Il est accompagné d'Anne Gervais, médecin à Bichat et intervenante dans le film.

La Sociale retrace la bataille acharnée d'Ambroise Croizat pour mettre en place le système de Sécurité sociale au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Les images d'archives sont nombreuses, les témoignages aussi. Comme celui de Jolfred Frégonara, ce « dernier poilu de la Sécurité sociale » également bâtisseur de la « Sécu », qui transmet cette idée de bataille idéologique dont le film est imprégné.

On comprend le glissement opéré à partir de 1967, déplaçant la question politique de la Sécurité sociale en problème économique. Les élections de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan accélèrent des politiques libérales qui résonnent dans toute l'Europe. Elles finissent par ébranler tout un système qui, petit à petit, doit se plier aux exigences patronales. C'est le début de la monétisation de la Sécurité sociale, bien loin de l'idée que l'on s'en fait en 1945.

Les lumières se rallument, Fabien Cohen prend la parole : « Il n'a pas fallu plus de 7 mois à Ambroise Croizat pour créer la solidarité. Lorsque l'on regarde ce qui a été fait par les ministres du travail depuis 1906, rien n'est comparable ». Selon le médecin, le film tombe au bon moment, alors que la campagne des élections présidentielles est régulièrement ponctuée d'interventions autour du « trou de la Sécu » et des « charges sociales ». Il explique qu'avant « son étatisation et sa désappropriation », la Sécurité sociale donnait d'abord aux ouvriers les moyens de décider ensemble de la manière de se protéger des risques de la vie. Leur conférant par la même un pouvoir conséquent. «  C'est pour ça que les français sont très attachés à leur Sécurité sociale !  » et Anne Gervais d'ajouter : « Mais c'est aussi la santé publique dans son ensemble qui est remise en cause ».

Les prises de parole louant le film sont plus nombreuses que les questions. « Il faudrait que nous nous battions pour qu'il soit vu par tous les jeunes avant qu’ils entrent dans le secondaire », s’enthousiasme une dame. Et des jeunes, ce soir, il y en a. Une quinzaine de lycéens de Paul Eluard se sont déplacés, et les jeunes adultes composent une bonne partie de la salle. À l'image de cette jeune femme qui ressort gonflée de la projection: « En voyant la bataille d'Ambroise Croizat qui s'engage très jeune au parti communiste, il faudrait que nous réfléchissions aux obstacles qui empêchent les jeunes de se mobiliser davantage aujourd'hui ».

C. Fougeras (stagiaire)

La Sociale sera encore projetée quatre jours cette semaine à l'Ecran, au 14 passage de l'Aqueduc (https://www.lecranstdenis.org/wp-content/uploads/2017/02/PROGRAMME-176-BD1.pdf).

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