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Rentrée 2016
/ La mobilisation porte ses fruits

Rentrée 2016. La vigilance organisée des parents d’élèves, des syndicats d’enseignants et des élus de la Ville a permis un début d’année serein : ne manquent à l’appel que deux professeurs. Et la surveillance citoyenne peut se faire maintenant par SMS.
Le 32321, le numéeo de SMS pour signaler les absences non remplacées
Le 32321, le numéeo de SMS pour signaler les absences non remplacées

1,5. C’est le nombre d’enseignants dont l’absence n’avait pas été remplacée le jour de la rentrée, jeudi 1er septembre 2016, dans les écoles de Saint-Denis : un professeur des écoles à temps complet et un autre à temps partiel. Rapporté aux 69 établissements primaires que compte la ville, le résultat est d’autant plus satisfaisant qu’il éloigne un peu plus le souvenir cuisant de 2014, où 500 élèves dionysiens s’étaient retrouvés sans maître le jour de la rentrée des classes et, pour certains d’entre eux, pendant de longues semaines.

En 2015, la vigilance organisée des parents d’élèves, des syndicats d’enseignants et des élus de la Ville avait permis d’éviter le pire. Déployés devant chaque établissement de Saint-Denis, ils avaient fait remonter en temps réel la situation sur le terrain dès le premier jour de classe. Cette année, ce déploiement a cédé la place à un dispositif de veille moins contraignant. Un service (gratuit) de messagerie téléphonique a été mis en place par la municipalité pour signaler les problèmes de non-remplacement. Les parents ou les enseignants peuvent envoyer un SMS au 32321 en indiquant  « Absence non remplacée », suivi du nom de l’école et de la classe concernée. Tous les partenaires — associations de parents d’élèves (Bonnets d’âne, FCPE), et syndicats (SUD Éducation, SNUipp) recevront ces informations qui permettront de recueillir plus rapidement des données et d’établir précisément les revendications à porter auprès de l’administration de l’Éducation nationale.

Ce dispositif fonctionnera toute l’année. On sait d’expérience que la présence d’enseignants à la rentrée ne prémunit pas des problèmes à long terme : l’an dernier, l’institution scolaire avait eu beaucoup de mal à remplacer les congés maladie et maternité. La situation sera-t-elle différente en 2016 ? La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, qui gère les mouvements des personnels enseignants, a reçu des renforts. Selon Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation, plus de 42 000 postes d’enseignants ont été créés au niveau national sur les 54 000 que le président François Hollande avait promis au début de son quinquennat. En Seine-Saint-Denis, « plus de 500 postes ont été créés pour le premier degré, affirme le député Mathieu Hanotin dans un communiqué. 110 d’entre eux sont affectés au remplacement des professeurs absents. »

La situation s’améliore, mais David Proult, maire adjoint à l’éducation, tempère ce constat : « Depuis 2012, l’Éducation nationale a suivi — bien qu’avec du retard — la croissance démographique ; mais en termes de dispositifs pour lutter contre les inégalités d’acquisition des savoirs, je doute que ce quinquennat aura permis de vraiment repartir sur le chemin de la réussite pour tous les élèves. » En effet, les Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED) sont toujours décimés, et le dispositif « plus de maîtres que de classes » tarde à se déployer de manière véritablement significative. C’est mieux pour la scolarisation des moins de 3 ans : Saint-Denis a ouvert sept classes pour les tout-petits depuis 2013, dont deux à cette rentrée.

Par contre, certaines écoles sont aujourd’hui confrontées à des fermetures de classe. Dès vendredi 2 septembre, les parents de groupes scolaires menacés par des fermetures se sont rendus à l’inspection de circonscription. « La directrice nous a dit que l’académie avait proposé une fermeture parce que les moyennes sections ne comptent que 18 élèves par classe », explique une mère d’élève de l’école Puy-Pensot, dans le centre-ville. « On a prévenu l’inspectrice de circonscription, qui nous a promis qu’elle ne demanderait pas la fermeture. » Mais la décision appartient au Comité technique supérieur départemental (CTSD), à Bobigny. « On a fait un courrier », continue la mère d’élève, qui se demande : « Pourquoi supprimer une classe ici au risque de ne plus pouvoir accueillir personne ? À l’école Les Gueldres, ils sont déjà complets ; donc si des élèves arrivent en cours d’année, on aura des classes surchargées. Aujourd’hui, avec 18 élèves, en REP, c’est très bien… »

En plus de Puy-Pensot, et de l’école Pasteur (lire ci-contre), les groupes scolaires Opaline/Lacore et La Roseraie/De Chambrun sont également concernés. Le CTSD se tient à Bobigny lundi 5 septembre en début d’après-midi.

Sébastien Banse & Linda Maziz


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