En ville

Le Défenseur des droits crédibilise
/ la mobilisation

Jacques Toubon a rendu publiques ses conclusions où il constate « une rupture d’égalité des usagers devant le service public ».
L’année dernière, le Ministère des Bonnets d’âne dénonçait une situation de discrimination territoriale
L’année dernière, le Ministère des Bonnets d’âne dénonçait une situation de discrimination territoriale


Le 20 novembre de l’année dernière, des membres du collectif du Ministère des Bonnets d’âne et le maire de Saint-Denis, estimant que les conditions dans lesquelles s’était déroulée la rentrée scolaire plaçaient leurs enfants dans une situation de discrimination territoriale, avaient saisi le Défenseur des droits. 

Un an plus tard, le 9 novembre 2015, Jacques Toubon a rendu publique sa décision, qui confirme que les conditions de la rentrée des classes dans certaines écoles de Saint-Denis ont abouti à « une rupture du principe à valeur constitutionnelle d’égalité des usagers devant le service public ». Le Défenseur des droits a recommandé au ministère et à l’académie de Créteil de dresser un bilan des besoins des écoles de la ville et de « continuer à mobiliser les ressources nécessaires en vue de pouvoir atteindre l’ensemble des objectifs fixés au titre de l’éducation prioritaire ». 

Une attention particulière doit être portée à la question de l’accompagnement du handicap, ainsi qu’au mouvement de rééquilibrage concernant l’ancienneté des enseignants dans les établissements de Saint-Denis. L’Éducation nationale devra rendre compte des suites données à ces recommandations dans un délai de six mois.


Des problèmes couvent déjà

Mardi 10 novembre, les parents et les enseignants ont tenu une réunion dans la salle du conseil municipal. Pour Sibylle Gollac, des Bonnets d’âne, « il faut se servir de cette décision du Défenseur pour traduire ces recommandations en revendications précises ». Puisque la rentrée 2015 s’est correctement déroulée, les parents sont moins mobilisés que l’an dernier. Mais des signes indiquent déjà que les problèmes couvent. 

« L’Éducation nationale a pris les moyens ailleurs. Cette année, c’est dans l’est du 93 où les seuils explosent, où l’on trouve jusqu’à quatre stagiaires par établissement », explique Catherine Da Silva, du SNUipp. Dans le département, on compte 300 contractuels, 1?270 stagiaires, 1?380 enseignants dans leur première ou deuxième année de titularisation. Les formateurs des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) ne peuvent plus suivre. Fait inédit, les maîtres formateurs de l’ESPE de Livry-Gargan ont annoncé qu’ils n’étaient plus en mesure d’assurer les cours ni les animations pédagogiques, seulement le suivi des enseignants.

Des enseignants du second degré commencent à se mobiliser. « Qu’est-ce qu’ils vont faire à Saint-Denis en termes de mixité sociale dans les collèges et les lycées?? », demande une prof de Bartholdi. « On se fiche de nous en parlant de modification de carte scolaire?! Pendant ce temps-là, la ghettoïsation continue. » Le SNUipp et SUD avaient déposé un préavis de grève pour aller manifester le 19 novembre, qui marque l’anniversaire des « neuf mesures » annoncées par Najat Vallaud-Belkacem pour l’éducation en Seine-Saint-Denis, et qui n’ont pas été tenues, notamment en ce qui concerne les réseaux d’éducation prioritaire, ou qui restent largement insuffisantes, par exemple pour ce qui est du volume des recrutements. Une projection de petits films devait avoir lieu à l’Écran ce jeudi 19, ainsi qu’un « tribunal » pour juger le bilan du ministère. Les attentats du 13 novembre ont renvoyé tout cela à plus tard. 

Sébastien Banse

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