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Hôpital Delafontaine
/ La maternité est bien rodée

Avec 17 gynécologues, 90 sages-femmes et l’habitude des pathologies lourdes, la structure permet que les 4600 accouchements annuels se passent dans les meilleures conditions. Le Dr Stéphane Bounan l’a expliqué au JSD.
A la maternité de l'hôpital Delafontaine, à Saint-Denis
A la maternité de l'hôpital Delafontaine, à Saint-Denis

Il y a encore six ans, l’hôpital Delafontaine n’accueillait « que » 3 000 nouveau-nés par an. En 2016, 4 600 enfants y ont vu le jour. Mais ne dites pas au chef de la maternité qu’il dirige une « usine à bébés ».

« C’est le genre d’expression qui me rend malade. Ça donne l’impression qu’on traite mal les gens », s’agace le Dr Stéphane Bounan. «C’est vrai qu’il y a beaucoup d’accouchements ici, mais on a 17 médecins gynécologues et 90 sages-femmes : tant qu’il y a adéquation entre le nombre d’accouchements et le personnel, chacune des patientes est bien prise en charge. »

En termes de médecine, l’ampleur de l’activité est même un avantage : « Il a été largement prouvé qu’on ne fait bien que ce qu’on fait souvent. Ici, où on fait quinze accouchements par jour, où on accepte les pathologies lourdes, on est surentraînés. » Ce qui ne veut pas dire que l’augmentation constante ne pose pas des défis d’organisation.

L’obstétrique est une spécialité avec des pics impossibles à prévoir. Un jour, il y a cinq accouchements, vingt le lendemain… « L’année dernière, on a dû transférer des patientes faute de place, reconnaît le médecin. Quand on a suivi une femme toute sa grossesse, devoir la transférer le jour de l’accouchement, c’est très décevant. » Pour remédier à cela, six lits supplémentaires viennent d’être ouverts. « Avec ça, on respire », dit le Dr Bounan, qui attribue l’augmentation du nombre de naissances à Delafontaine à plusieurs facteurs.

D’abord, un taux de natalité dans le bassin de population de l’hôpital plus fort qu’ailleurs. Ensuite, une réputation du centre hospitalier qui ne cesse de se renforcer. Pour preuve, les candidatures sont plus nombreuses que les postes à pourvoir. Et un dossier pour créer un poste d’assistant partagé avec la maternité de l’hôpital de Port-Royal va être soumis à l’ARS.

« Notre spécialité, ce sont les grossesses à haut risque, avec de la pathologie fœtale ou maternelle, les grands prématurés… Sur le cancer du sein, on  travaille déjà en partenariat avec l’Institut Curie, explique le médecin. Quand les gens sont confrontés à ce genre de difficultés et qu’ils sont pris en charge par des médecins compétents, avec un réseau de soins efficace, ils le font savoir autour d’eux. »

La maternité a notamment mis en place une filière de soins pour les grossesses diabétiques. En France, le dépistage du diabète est systématique pour les femmes enceintes. À Delafontaine, on trouve une glycémie trop élevée chez environ 30% d’entre elles. L’obésité, des prédispositions génétiques chez certaines populations, la précarité : tout cela contribue à une prévalence élevée sur le territoire de l’hôpital. L’essentiel du traitement repose sur la surveillance de la glycémie et l’adaptation du régime alimentaire.

Si cela ne suffit pas, il faut passer aux médicaments. Tout cela repose beaucoup sur l’éducation thérapeutique. En plus de l’hospitalisation conventionnelle, un hôpital de jour a donc été mis en place, qui mobilise gynécologues, endocrinologues, sages-femmes, diététiciens… Delafontaine travaille aussi avec un institut privé, Santé Service, qui a développé un programme d’éducation thérapeutique à domicile.

« Ça donne de meilleurs résultats qu’en hospitalisation classique, pour certaines patientes, témoigne Stéphane Bounan. Et ça nous permet de libérer des lits : on a vocation à conserver toujours de la place pour recevoir des grossesses compliquées ou des accouchements prématurés venant d’autres hôpitaux. »


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