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Union fraternelle de la Plaine
/ L’avenir des jeunes, une affaire de quartier

L’Union fraternelle de la Plaine a pris sous son aile des « jeunes de quartier » pour les aider à préparer leur projet professionnel. Entre partage d’expériences, conseils pratiques et soutien moral, rencontre avec une jeunesse qui veut saisir sa chance et trouver sa place.
Le 30 septembre, Issahak Diallo, président de l'Union fraternelle et Sandra Morice présentent les missions de l'association.
Le 30 septembre, Issahak Diallo, président de l'Union fraternelle et Sandra Morice présentent les missions de l'association.

L’un a travaillé pendant les vacances comme animateur sportif. D’autres ont pu trouver un petit boulot d’été auprès d’une société de ménage ou à La Poste. Pour ce groupe de Dionysiens âgés d’une vingtaine d’années, il s’agit d’un premier emploi qu’ils ont pu décrocher avec le soutien de l’Union fraternelle, une discrète et jeune association de la Plaine.

À les écouter rendre compte de cette expérience lors d’un bilan organisé le 30 septembre, ceux qui se coltinent au quotidien l’étiquette « jeunes de quartiers » sont fiers d’avoir réussi ce premier pas dans le monde de l’entreprise. «Très enrichissant, estime l’un d’eux. Ça m’a plu d’avoir des responsabilités. » Ils ont pu apprendre sur eux-mêmes et « sur le plan humain », tels les deux qui ont bossé pour une société de nettoyage. « On a eu un bon contact avec le responsable. Il est parti de rien et maintenant qu’il est chef de son entreprise, il est content de nous donner notre chance. Avant, c’est lui qui était à notre place. »

Et même s’ils ont trouvé le métier difficile et pas très agréable, tous avaient à cœur de ne pas décevoir ceux qui leur ont fait confiance. « En fait, je sais déjà tout ce que vous me dîtes. J’ai eu le retour des entreprises, confesse Sandra Morice, en charge de la communication pour l’association. On m’a parlé de personnes très sérieuses, respectueuses, qui ont fait leur travail sans jamais rechigner même quand c’était contraignant. »

Derrière ces réjouissances se cache une réalité beaucoup plus dure et contrastée, à la genèse d’ailleurs de la création de cette association. « À la Plaine, on avait connaissance de familles en difficulté que l’on a voulu aider, expliqueIssahak Diallo, le président de l’Union fraternelle.Notamment des familles monoparentales auxquelles on a apporté une aide alimentaire. Certaines nous ont confié ne plus y arriver avec l’éducation des ados pour ne pas qu’ils tombent dans la délinquance et les trafics » Avec Frédérika, Djenabou et d’autres « grands » du quartier, ils décident de prendre cette jeunesse sous leur aile.

D’abord de manière informelle il y a sept ans, puis en officialisant cet accompagnement avec la création en 2015 de l’Union fraternelle de la Plaine. L’association revendique à travers son nom une assise multiculturelle et réunit en son sein « des personnes de toutes origines, de toutes religions et des athées ».

Si les débuts avec les jeunes n’ont pas été faciles, « il a fallu gagner leur confiance », Issahak mesure le chemin parcouru. « Dans notre groupe, beaucoup ont eu leur bac et poursuivent des études. D’autres sont en recherche d’emploi. » Si des ateliers autour de l’orientation, du CV ou de l’entretien d’embauche sont au programme des prochaines actions, le gros de l’accompagnement relève du soutien moral. « Ayez confiance en vous ! Bien sûr qu’il faut redoubler d’effort par rapport à nos situations géographiques, à nos appartenances ethniques. Mais tout est une question d’estime de soi, de motivation et de détermination », les encourage Djenabou Komma, secrétaire, qui regrette que certaines entreprises renâclent à recruter des profils comme les leurs.

« À la Plaine, on a plein d’entreprises, mais elles nous boycottent ! », accuse un étudiant en ingénierie informatique. Déjà alerté sur ce sujet, Éric Coquerel, député Insoumis de la circonscription est venu encourager ces jeunes qu’il considère comme des « modèles pour leur quartier ». Il promet d’agir au côté de l’association pour interpeller ces entreprises, dont la plupart se sont engagées, par la signature d’une charte, à réserver la priorité des embauches aux candidats du territoire.

 


Par mail : contact@union-fraternelle.fr

Réactions

Oui à la Plaine il y a plein d'entreprises, oui il y a une charte qui existe et dans les emplois proposés ce ne sont que des postes pas ou peu qualifiés ! A l 'époque où je cherchais un emploi, j'ai demandé à bénéficier de cette charte et l'on m'a répondu "mais Madame vous n'êtes pas venue habiter à Saint-Denis pour en bénéficier" Alors la question est : "quels sont exactement les postes ouverts ?" Merci

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