À la une En ville

Ferme urbaine
/ L’agriculture à la mode de chez nous

René Kersanté, dernier maraîcher de Saint-Denis, est parti à la retraite, mais ses anciennes terres (4 ha) continuent d’être exploitées par le Parti poétique et les Fermes de Gally dans le cadre d’un ambitieux projet : la Ferme urbaine.
La Ferme urbaine se sont près de 3,7 hectares de terres cultivées à deux pas de Paris
La Ferme urbaine se sont près de 3,7 hectares de terres cultivées à deux pas de Paris

Le béton ne passera pas par ici. À l’heure où 10 km plus au nord le projet de méga centre commercial Europacity (triangle de Gonesse) défraie la chronique, avec potentiellement 80 hectares de terres agricoles sacrifiées, au 114 avenue de Stalingrad à Saint-Denis, le maraîchage fait de la résistance. En 2016 quand la municipalité, après avoir inscrit la zone dans le Plan local d’urbanisme (PLU) comme espace agricole afin de sécuriser et pérenniser sa vocation, lance un appel à candidature pour la reprise du terrain, la réponse conjointe des Fermes de Gally et du Parti poétique se dégage nettement. « Cette réponse avait l’avantage d’additionner l’expérience d’un acteur historique de l’agriculture urbaine et le savoir-faire d’une association dionysienne avec qui nous collaborons depuis longtemps », expose Cécile Ranguin, adjointe au maire déléguée à l’écologie et à l’agriculture urbaine.

Quelques mois après la signature des baux agricoles, force est de constater que l’intuition de la municipalité était bonne. Le mariage de raison entre les Fermes de Gally et le Parti poétique porte déjà ses fruits… et ses légumes. En cet automne 2017, la Ferme urbaine est déjà une réalité dans les assiettes de certains Dionysiens qui viennent s’approvisionner en maïs doux directement à l’exploitation ou qui acquièrent des paniers de légumes à l’Office de tourisme.

Deux exploitations en une

« Nous y sommes allés à fond la caisse, s’amuse Olivier Darné du Parti poétique. La Ferme urbaine étant la première pierre de notre projet d’académie du goût qui sera lancée en 2019, nous ne voulions pas faire une année blanche. Nous avons passé une convention avec le Greta horticulture du lycée Suger. Nous avons construit une équipe, recruté Franck et mis en permaculture une parcelle de 7 500 m2. Je pense que les voisins ont compris qu’il se passait quelque chose en termes de paysage. » Il faut avouer que le résultat est impressionnant. Les plates-bandes de salades de René Kersanté ont été remplacées par un immense potager aux 110 variétés de fruits et légumes : du chou de Toscane au Gombo africain.

Mais la Ferme urbaine ce n’est pas que ce grand jardin qui sent bon le métropolitain. Ce sont aussi Jeanne (assistée de Pierre) et Hemeraude, son imposant Bouvier bernois. La jeune femme a débarqué de sa Normandie natale et plaqué sa future carrière d’ingénieure paysagiste pour devenir… agricultrice à Saint-Denis. Pour le compte des Fermes de Gally, Jeanne Crombez exploite les 2,5 hectares restant. « Je suis ravie d’être ici et de participer à ce projet. Pour cette première année nous nous sommes mis dans les pas de René Kersanté en cultivant les maïs doux et les potirons qu’il avait plantés avant de partir. À l’avenir, l’idée est de pratiquer un maraîchage diversifié et raisonné, sans pour autant chercher à tout prix une labellisation bio. Nous visons une commercialisation locale. Dans ce but, nous rencontrons la population pour sonder ses attentes. »

Actions pédagogiques, de formation et d’insertion trouveront aussi rapidement leur place à la Ferme urbaine qui entend être la ferme des Dionysiens. « C’est la dernière ferme aux portes de Paris, assure Olivier Darné. C’est un véritable bijou et un cadeau extraordinaire. » Un petit miracle agricole dont on prend toute la mesure en croquant à pleines dents dans une poupine de maïs fraîchement cueillie, tout en jetant un œil goguenard au Mac Donald… de l’autre côté de la rue.

Yann Lalande

La Ferme urbaine, 114 avenue de Stalingrad.

Vente directe de maïs doux les mardis et vendredis de 17 h à 19 h et le samedi de 14 h à 18 h.

Réactions

Pour Mme Ranguin ; Olivier, Jeanne et Pierre : Pensez-vous qu'il serait possible de créer une Cantine (pas nécessairement scolaire) dans le wagon abandonné à côté du Lycée Eluard afin que des jeunes gens en CAP restauration face leur apprentissage tout en nous régalant les babines ? Car lire cela fut ma plus belle surprise : "avons passé une convention avec le Greta horticulture du lycée Suger." Les talentueux jeunes gens du Lycée Bartholdi en cuir et bois pourraient venir en renforts !! que de talents à mettre en Lumières à Saint-Denis ! après les"Camions qui fument" lançons les "Wagons qui régalent". L'académie du goût nos assiettes ont hâtent. Quel Métro ou station de train ou Vélib' si il y en a pour s'y rendre ?
excellente idée. Il est dommage de voir ce wagon à l'abandon. Mais comment faire pour redonner vie à ce wagon, il faudrait trouver un financement , un porteur de projet mais ce serait super

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
ATTENTION : Afin d'éviter les abus, les réactions sont modérées 'a priori'. De ce fait, votre réaction n'apparaîtra que lorsqu'un modérateur l'aura validée. Merci de votre compréhension.
CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.