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Au lycée Paul-Éluard
/ L’égalité à voix haute

Coup de projecteur sur l’une des nombreuses actions proposées à Saint-Denis dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.
Marie Leroy, chargé de mission Droits des femmes, intervenait ce 14 mars au lycée Paul-Eluard.
Marie Leroy, chargé de mission Droits des femmes, intervenait ce 14 mars au lycée Paul-Eluard.

Quarante minutes à écouter trois jeunes filles en révolte pour défendre leur liberté. Trois monologues acérés qui disent l’inégalité femme-homme et que la comédienne Anne-Sophie Robin s’emploie par une lecture théâtrale à incarner sur la scène d’un amphithéâtre du lycée Paul-Éluard.

Face à elle ce 14 mars, quatre-vingts élèves de 2nde, qu’elle remerciera plus tard pour leur« belle écoute » portée à son interprétation du Ramadan de la Parole, de Jeanne Benameur. Cette ancienne enseignante, devenue écrivaine, espérait avec ce recueil de trois nouvelles susciter des séances de lectures à voix haute pour donner matière à la réflexion collective. Or, c’était justement le projet de Marie Leroy, chargée de mission Droits des femmes à Saint-Denis, que « de proposer dans le cadre du 8 mars des actions dans les établissements scolaires, dans une démarche d’éducation populaire ». Et parce qu’elle trouvait les textes de Jeanne Benameur « formidables pour faire débat », elle a eu envie de mettre un coup de projecteur sur son écriture résolument engagée.

À entendre les réactions des lycéens, on sent bien que cette lecture ne les a pas laissés indifférents. Notamment le premier plaidoyer, celui d’une jeune fille qui refuse de porter le corset imposé par sa mère. Bien que la scène se déroule en 1920, les problématiques qu’elle soulève semblent toujours d’actualité. « Et vous, avez-vous le sentiment d’être libre de vous habiller comme vous en auriez envie ? », interroge Anne-Sophie Robin, après que la discussion ait pris la direction du « diktat de la mode », comme de la « pression de la société sur les tenues des femmes, toujours jugées trop courtes, trop longues, trop décolletées, pas assez ceci ou trop cela… ». Des jeunes interpellés aussi par cette autre adolescente qui se lance dans « un ramadan de la parole » ne trouvant comme seule réplique que le silence aux « mots de boue » que lui jettent au visage les garçons.

« Tout ça fait réfléchir », observe une élève en quittant la salle, tandis que l’un de ses camarades estime que cette rencontre fera « probablement » évoluer son regard. « Sur ces questions des discriminations en général et de l’égalité homme-femme en particulier, il y a beaucoup à échanger et à réfléchir », certifie le proviseur adjoint Nicolas Balcaen, qui a accueilli cette initiative avec beaucoup d’enthousiasme, rappelant que c’est « une des missions principales » du lycée que de « faire vivre et défendre les valeurs de la République ».


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