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/ L’Écran voit plus grand

L’agrandissement du cinéma art et essai s’inscrit dans la requalification du centre-ville. Une table ronde, le 9 mars, a marqué la première étape de ce projet, dont le but est de faire venir un public plus large de Dionysiens.
L'Ecran va faire peau neuve dans le but de devenir un pôle culturel attractif.
L'Ecran va faire peau neuve dans le but de devenir un pôle culturel attractif.

Une grande verrière opaque, une entrée enserrée de bâtiments à laquelle on accède presque en catimini, un hall d’accueil exigu… C’est vrai, l’Écran souffre d’une architecture qui lui est peu favorable. « Nous demandons depuis 2005 une extension du cinéma afin de pouvoir bénéficier d’un accueil adapté aux besoins », a rappelé d’entrée de jeu Claudie Gillot-Dumoutier, présidente de l’Association l’Écran, lors de la table ronde organisée avec le collectif Sciences Pop au cinéma jeudi 9 mars. Cette soirée représentait la première étape de l’agrandissement de la structure. Un projet qui s’inscrit dans la requalification du centre-ville portée par l’équipe municipale dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). L’adjointe à la culture Sonia Pignot et l’adjoint à l’urbanisme et vice-président de Plaine Commune Habitat Stéphane Peu intervenaient ce soir-là pour défendre leur position. Étaient présents pour apporter des pistes de réflexion Aurélie Pinto, auteure d’une thèse sur les salles de cinéma art et essai, Denis Vemclefs directeur du Développement culturel à Montreuil, la sociologue et responsable du secteur des études locales de Saint-Denis Christine Bellavoine, et naturellement Boris Spire, directeur de l’Écran.

Dans l’assistance, on y a croisé les habitués. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Cette idée d’« entre-soi », comme le qualifie sans condescendance Boris Spire, qui colle à la peau du cinéma, peut-il être un frein à un renouvellement du public ? Selon Christine Bellavoine, des études ont prouvé que le cinéma l’Écran revêt une image « élitiste » auprès d’une partie des Dionysiens, habitués à « d’autres pratiques de consommation (téléchargement) et à d’autres types de cinéma comme les multiplex », décrit Aurélie Pinto.

Pour autant, le cinéma du centre-ville peut capitaliser sur son projet d’extension et devenir un lieu culturel polymorphe attractif. Ouvrir un restaurant et passer de deux salles à trois, voire quatre, « n’est pas un caprice », affirme Sonia Pignot, qui rappelle au passage que Saint-Denis connaît un déficit d’équipements culturels et de réels moteurs économiques. « Durant vingt ans, nous avons privilégié la reconversion de la Plaine. Dans les vingt prochaines années, nous allons nous consacrer à la rénovation du centre-ville. Nous voulons que cette ville reste populaire et que l’on s’y sente bien. On ne veut pas qu’une population se substitue à une autre », appuie Stéphane Peu qui écarte ainsi le terme de « gentrification ».

Les architectes ont déjà planché sur la future structure dont l’entrée se fera du côté de l’hôtel Campanil qui sera déplacé à la Porte de Paris. La destruction de cet édifice en arc de cercle permettra de dégager la vue et d’offrir au futur Écran une place centrale dans le paysage dionysien dont le centre-ville pourrait devenir un des pôles du Grand Paris. Les premières destructions débuteront en 2019, des travaux d’extension préalables pourraient être envisagés d’ici-là. Pour l’heure, une salle de cent places est prévue, et peut-être une quatrième de cent places également, construite au rez-de-chaussée. La grande salle serait scindée en deux.

L’expérience d’un cinéma public agrandi et redynamisé a déjà porté ses fruits : à Montreuil, Le Méliès est sorti de terre (littéralement) pour être construit sur la place de la mairie. Passant dans le même temps de 3 à 6 salles de projection, s’agrémentant d’un bar-restaurant, d’une bibliothèque et d’un espace détente accessibles à tous, même aux non-spectateurs. Et les chiffres sont éloquents. « La fréquentation du Méliès a doublé avec 300 000 entrées dès la première année, avec 83 % de films labellisés art et essai », constate Denis Vemclefs.

Maxime Longuet

Réactions

Ah dommage de couper en deux la salle 1 si agréable.... il n'y a pas moyen de créer une quatrième salle en étage?.

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