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Bruitparif
/ Ici, on traque le bruit

Le centre d'évaluation technique de l'environnement sonore en Île-de-France s’est installé l’été dernier dans le quartier Pleyel, avec son équipe de 14 techniciens et ingénieurs.
Une station équipée de plusieurs capteurs, expliquée par Olivier Georget, technicien d'exploitation du laboratoire de mesures
Une station équipée de plusieurs capteurs, expliquée par Olivier Georget, technicien d'exploitation du laboratoire de mesures

À l’inverse de la pollution atmosphérique, les impacts du bruit n’ont guère inspiré d’études, notamment en France. Si ce n’est celle publiée en 2016 qui chiffrant ses incidences sur la santé, sur la productivité ou sur la dépréciation immobilière, aboutissait à un coût de 57 milliards d’euros par an. Dont 16,2 milliards en Île-de-France, selon l’estimation de Bruitparif, l’Observatoire régional du bruit, en charge de son évaluation et de sa prévention. Née en 2004 à l’initiative de la Région, cette association a pour mission première d’aider à la mise en œuvre de la Directive européenne de 2002 sur le bruit dans l’environnement. Basé pendant dix ans à Paris, avant un intermède de trois ans à Pantin, Bruitparif est installé depuis juin dernier à Saint-Denis dans la zone d’activités Axe Pleyel. « On est venu ici pour des raisons de coût et aussi se rapprocher du siège de la région », explique Antoine Perez Munoz, son chargé des relations avec les collectivités territoriales.

80 stations de mesure en Ile-de-France

Avec son équipe de 14 ingénieurs et techniciens, Bruitparif a surtout gagné en superficie. Il dispose de 650 m2 sur deux niveaux, qu’il inaugurait le 12 février, en présence de ses membres. Services de l’État, collectivités territoriales, associations de protection de l’environnement ou grands opérateurs de transports, ils sont aujourd’hui une centaine impliqués dans sa gouvernance. À l’exemple d’Airparif pour la pollution de l’air, Bruitparif a déployé des stations de mesure sur toute l’Île-de-France. Au nombre de 80, elles sont interrogeables à distance par le réseau de téléphonie mobile. Et sont implantées pour des périodes plus ou moins longues, pour les besoins de politique d’aménagement, la surveillance de gros chantiers, etc., et pour évaluer le niveau des nuisances principalement aux abords des grands axes de transport.

Cartographie sonore

Avec ces données, Bruitparif a développé une plateforme Internet appelée Rumeur, pour dresser une cartographie sonore consultable en ligne (1). Sur le territoire de Saint-Denis, par exemple, les zones les plus exposées, avec des émissions de plus de 70 décibels pouvant causer troubles du sommeil, fatigue chronique, etc., recoupent très logiquement celle des polluants de l’air, le long de l’A1, de l’A86, de l’axe Lénine-Lamaze et Porte de Paris. Mais les deux stations situées aux abords du Stade de France depuis 2012 avaient à l’origine une autre finalité. « C’était pour une opération expérimentale, pour la seconde édition d’Unighted (nuit électro DJ) afin que la régie dans le Stade ait les niveaux en temps réel de ce qu’entendait le voisinage », raconte Matthieu Sineau, le responsable du laboratoire de mesures. Quant aux stations implantées aux abords des plateformes aéroportuaires, elles participent du projet Survol inscrit au Plan régional santé environnement.

Une mallette Kiwi pour les ados

L’an dernier, encore, Bruitparif a signé avec SNCF Réseau une convention triennale pour évaluer au moyen d’une quinzaine de stations le bruit ferroviaire auquel seraient exposés 110 000 Franciliens. Dont à Saint-Denis les habitants de la cité Paul-Éluard qui bataillent depuis des décennies pour un mur anti-bruit. C’est là pour Matthieu Sineau un exemple parmi d’autres du « travail encore à faire sur la prise en compte du problème pour des aménagements ». Sonopode de 500 kg pour les bruits d’avion, ou station équipée d’un capteur photo à fixer sur du mobilier urbain, la plupart des instruments ont été conçus par les ingénieurs et techniciens de Bruitparif. Avec l’appui de l’Agence régionale de santé, ils ont aussi élaboré pour les actions de sensibilisation menées depuis 2009 dans les lycées une mallette pédagogique appelée Kiwi. Composée d’un kit de tablettes numériques munies chacune d’un casque audio, et d’un document pédagogique, elle permet à chaque jeune de tester son niveau d’écoute habituel dans les différents environnements sonores de son quotidien. Acouphènes, hyperacousie, les adolescents sont en effet les plus exposés aux lésions auditives provoquées par une écoute intensive de la musique sur Smartphone.  

(1) bruitparif.fr 

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