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Grève
/ Forte mobilisation chez les communaux

Une intersyndicale des personnels communaux appelle à la grève reconductible à partir de mercredi 7 décembre. Ils s'opposent aux propositions de réforme formulées par la municipalité, notamment sur la question du temps de travail.
L'assemblée générale des personnels de la Ville de Saint-Denis, mardi 29 novembre 2016
L'assemblée générale des personnels de la Ville de Saint-Denis, mardi 29 novembre 2016

La bourse du travail est pleine à craquer ce mardi 29 novembre. On s’assoit dans les travées, les escaliers. FO, la CGT et SUD ont réuni cinq cents agents communaux, y compris des cadres. Le sujet : le projet de réforme soumis par la municipalité.

Ce document, élaboré depuis un an, formule des propositions réparties en cinq axes : qualité de vie au travail, prise en compte des causes de l’absentéisme, connaissance des règles du guide du personnel, meilleure maîtrise de la politique de remplacement, cycles de travail.

« Pour améliorer les conditions de travail, il n’y a aucune proposition concrète », déplorent les syndicats. Quant à l’absentéisme, « les causes on les connaît », affirme la CGT : « des métiers à fort taux de pénibilité, des personnels en sous-effectif, des absences non remplacées… ».

FO regrette le recours trop fréquent à des personnels non-titulaires, et réclame au minimum l’application du décret de 2015, qui sécurise l’emploi des contractuels. « Il y a de plus en plus de précarité parmi les agents », témoigne quelqu’un dans la salle. La proposition de monétiser les comptes épargne-temps ? « Une mesure marginale. » Les syndicats réclament des embauches en proportion d’une population qui augmente.

Plus qu’aucun autre, c’est le cinquième axe qui cristallise l’opposition des agents : il s’agit d’« adapter les cycles de travail » pour « se rapprocher de la réglementation en matière de temps de travail ». Par cette périphrase, c’est le système actuel de congés et de repos compensateurs qui est désigné.

« Inacceptable » pour FO : « On nous stigmatise en mettant en avant nos pseudo avantages. La mairie nous propose de renoncer à nos acquis. » « Ce n’est pas en diminuant les congés qu’on aura un meilleur service public », ajoute SUD, « le repos contribue à la qualité du travail ». La CGT résume : « On ne négocie rien sur les congés. »

L’assemblée générale a voté la grève, un mouvement reconductible qui commence mercredi 7 décembre. La CFDT a rejoint l’intersyndicale, et les personnels ont reçu le soutien d’Ensemble Saint-Denis, qui exige le retrait du projet et « l’ouverture d’un vrai dialogue ».

Pour Florence Haye, maire adjointe, il y a un malentendu sur la méthode : « Nous avons soumis cette étude aux syndicats, avec nos propositions, en vue d’entamer un processus de négociation. La question du temps de travail a soulevé un tollé. Mais rien n’avait été décidé encore ! »

Après une rencontre avec les organisations syndicales, vendredi 2, la mairie a retiré ses propositions : « On va lancer une discussion plus large pour élaborer des choses ensemble, promet l’élue. Ce qui nous motive, c’est de conserver notre modèle dionysien de service public. »

Samedi 3 décembre, à l’occasion du conseil municipal extraordinaire qui l’a élu maire de Saint-Denis, Laurent Russier a glissé dans son premier discours que la municipalité avait « pris acte des désaccords » et que de nouveaux rendez-vous seraient fixés « pour travailler ensemble à de nouveaux projets ».

À l’extérieur de l’hôtel de ville, des agents s’étaient rassemblés pour manifester. « Parler de l’organisation du travail, d’accord, réagit une déléguée FO. Mais tant que la question du temps de travail est sur la table, on ne discute pas. » 

Une nouvelle rencontre avec les élus, jeudi 8 décembre, n'a pas permis de trouver un accord, et l'intersyndicale a annoncé poursuivre le mouvement.

Grève des agents communaux de Saint-Denis, 8 décembre 2016 from Le Journal de Saint-Denis on Vimeo.


Réactions

On aurait pu s'attendre à un meilleur traitement des employés municipaux de la part d'une municipalité communiste ... sinon quel crédit peut on leur donner quand ils critiquent la gestion de l'Etat.
comme je les comprends!!! force et courage à eux.... pas facile d'être employé par de tels employeurs..... cette municipalité est décidément aveugle et sourde à tous les niveaux. la municipalité n'appliquerait donc pas le plan de titularisation programmé depuis 2015???? la municipalité soit disant de la gauche la plus à gauche préfère t elle les emplois précaires??????
Bonjour. Ce constat ne date pas d'hier. Les assistantes sociales étaient, et sont toujours, en souffrances malgré les dénégations du maire sortant. Mais au delà de cette gréve, c'est la gestion clientéliste du personnel communal. En effet, pendant des années, personnel communal et électeurs étaient souvent les mêmes en plus d'être militants, syndicaux et au PCF. Cette gestion a permis de gagner beaucoup d'avantages non financés. Les temps de repos, je les juge pour ma part nécessaire car en liaison avec l'humain (crèches, centre loisirs, maison de retraite). Quand on gère 3200 employés pour une ville de 110 000 habitants, il faut être efficace et professionnel. Vu l'état du personnel communal, on sent de la lassitude et surtout le fossé qui sépare le discours des élus sur l'état de la ville et la réalité. Quand je lis dans le parisien L. RUSSIER comparé Saint Denis et Brooklyn, on est encore le déni de réalité. Cette ville a grandi trop vite, trop fort, et nos élus se satisfont des immeubles HLM et écoles construites sans se soucier comment les agents municipaux vont gérer derrière. D. PAILLARD et P. BRAOUEZEC ont géré la ville comme un bar de copains ou tout le monde buvait gratuitement mais les habitants doivent maintenant payer les bouteilles. Le satisfecit de nos élus samedi dernier est une insulte aux habitants, à la démocratie et aux agents de la ville. Je souhaite beaucoup de courage aux personnels communaux de la ville et les soutiens dans leurs combats. Et également aux habitants qui subissent cette situation;
Il faut rien lâcher, ST-DENIS EN GREVE contre les imposteurs, incapables et avide de pouvoir..
il faut savoir que certains agents pensent que leur 89 jours de maladie sont des jours de congés d'où le taux d'absentéisme de 12% au lieu de 9% nationale,
Je pense que lorsqu'un agent s'arrête en faisant la démarche d'aller voir un médecin c'est qu'il en a besoin. si ce médecin l'arrête personne n'a a contredire. Faire cette démarche pour s'arrêter est le premier symptôme . maintenant effectivement les agents municipaux ont été gâtés à une fin électorale. Aux dernières élections municipales certains agents municipaux disaient "si jamais Hanotin passe, on va perdre nos avantages". Résultat ils n'est pas passé et malgré tout les avantages sautent. Plus personne ne retrouve son compte dans cette ville sauf l'équipe municipale. en tant qu'ex fonctionnaire de la santé, je soutiens ces agents car ds toutes les fonctions publiques les conditions de travail se détériorent ainsi que les services rendus aux citoyens. ce n'est pas avec Fillon que cela va s'arranger donc si les mairies communistes font pareil où allons nous? Dans le mur.
Il y a un autre moyen de faire, il faut combattre l'absentéisme et non retirer les jours de RTT, et aussi les agents qui sont payés et non présents et dieu sait qu'il y en a beaucoup, les directeurs et les élus sont au courant mais ne font rien? Certains ont déménage soit à Rouen, Sens, Auxerre et sont payés depuis longtemps sans venir, tout le monde sait aussi certains ont des commerce et leur salaire de la mairie est leur agent de poche, mais personne ne fait rien. C'est eux qui faut pénaliser et non ceux qui galère tous les jours.
Caroline - Le Jsd a validé votre contribution en la publiant et je n'ai aucune raison de ne pas vous croire mais ce que vous écrivez est d'une extrême gravité ! Ai-je bien compris : du personnel communal serait rémunéré alors qu'ils ont cessé leur activité communale "depuis longtemps".? C'est énorme ! Y aura-t-il d'autres témoignages confirmant les affirmations de Caroline ?
@Mourad Le JSD a validé, écrivez-vous. Le JSD en l'occurence autorise la publication d'un commentaire qui n'engage que son auteur anonyme. Habitué que vous êtes des commentaires déposés sur les sites, vous devez le savoir.
@dominique.Sanchez - Je suis effectivement un "habitué" des forums de discussions et à vrai dire votre commentaire m'étonne. Il me semblait que la jurisprudence constante tendait à la responsabilité civile et pénale des "Webmasters". C'est bien pour cela que je n'ai jamais protesté lorsque vous m'avez modéré par le passé. Ai-je bien compris là aussi Mr Sanchez : il n'y aurait plus de modération sur le site du JSD ?
@Mourad Ravi de vous étonner...La validation des commentaires se fait chez nous par une modération artisanale. Concrètement, neuf fois et demi sur dix, j'en assume la responsabilité. Je fais comme vous le dites: j'essaie d'évaluer la responsabilité civile et pénale. En l'occurence, je n'ai pas craint un procès pour le JSD, à tord ou à raison. C'est ce qui me guide toujours.
Je crains que Caroline, ne se soit appuyée plus sur des rumeurs que des comportements avérés. On ne peut exclure qu'une situation de longue maladie puisse conduire à un séjour prolongé en province, et pourquoi pas dans une résidence secondaire. La sécurité sociale peut donner ce genre d'autorisation. Pour l'affirmation sur les commerces ,la aussi la situation d'un conjoint commerçant peut entrainer des confusions. Caroline, tout n'est peut-être pas aussi sombre que vous ne le pensez. L'absentéisme peut avoir de nombreuses causes, un travail mal vécu, des conditions de travail dégradé , mais aussi, la protection d'un statut dont on peut abuser.
Pour en revenir au sujet, il est difficile de se faire une opinion objective. L'employeur (La Municipalité) annonce qu'il y a un malentendu et que le projet est abandonné. Pourquoi la poursuite de la grève alors ? Autres paramètres pour ces employés municipaux : quelle est la durée hebdomadaire de travail ? le nombre de jours de congés officiels ? le nombre de jours de RTT ? une explication sur les 89 jours de maladie évoqués par Martine ?
mes dires sont fondés et c'est réelle, et même dans les ministères et autres mairies, ils ont la même problématiques, bien sur, le nombre est minimes . Je ne donne pas les services nommés car ce n'est pas mon rôle, Je suis tous les jours sur le centre et beaucoup d'amis et proche famille qui travaille au service administrative et le personnel, justement se plaigne de ses absences de collègues qui ne viennent pas .
sur la question des 90 jours de "congés maladie": il s'agit de 90 jours /an de congé maladie (arrêt maladie ordinaire) payés à taux plein (donc système différent que dans le privé) . si l'agent dépasse ces 90 jours de maladie ordinaire, il passe ensuite à "mi traitement" c'est à dire, 50% de son salaire (mais il a la possibilité de souscrire à une "garantie maintien de salaire" pour y pallier.. à st denis, la ville propose cette garantie maintien de salaire, et en paie une bonne partie) . tout cela est expliqué sur le site du service public... bref, peut être que certains agents considèrent ces congés maladie comme des "vacances", mais encore faut il avoir à faire à un médecin qui signe l'arrêt maladie pour un non malade... et là, c'est surtout le médecin en question qui commet l'erreur. mais c'est un jeu dangereux pour l'agent, si l'agent cumule ces 90 jours sans être vraiment malade, il risque, le jour où il tombera vraiment et gravement malade de voire son salaire diviser par deux...... après, un autre problème aussi, c'est qu'il n'y a pas de travail sur la notion de motivation dans la fonction publique....les agents ne sont pas valorisés et les objectifs sont parfois très flous, voire inexistants, et changer de voie professionnelle est très compliqué, car les fonctionnaires ne cotisent pas à système qui permet de se faire financer une formation. On a le droit de partir en formation (DIF, CIF , etc... ) mais pour le financement c'est une autre affaire! c'est selon la bonne volonté de l'employeur/maire... et beaucoup d'injustices subsistent à ce niveau.... du coup, par manque d'objectif, certains agents se replient sur eux même, n'ont plus envie de se donner, voudraient changer de trajectoire, mais dès lors qu'ils n'ont pas les moyens de financer leur formation, comment faire?......
ENSEMBLE! Saint-Denis : Après la forte mobilisation des personnels, retirer le projet de suppression de jours congés et débattre des vrais enjeux pour la qualité du service public. Ce mercredi 7 décembre les personnels de la ville se sont massivement mis en grève pour demander le retrait du projet de la municipalité qui vise à réduire le nombre de congés des agents communaux. Ils étaient 800 devant la mairie à exiger que ce droit, qui fait de Saint-Denis une ville singulière porteuse d’un projet d’émancipation et de progrès social, soit garanti dans les années à venir. De nombreux usagers étaient présents pour les soutenir. Déjà la semaine dernière, les parents des crèches se sont mobilisés pour soutenir les personnels en grève qui demandaient le recrutement de personnels remplaçants. Après une semaine de grève, ces employées des crèches – ce sont surtout des femmes – ont obtenu une première avancée avec le recrutement annoncé de 4 agents. ENSEMBLE! Saint-Denis se félicite de cette mobilisation et de la solidarité qu’expriment les usagers auprès des personnels municipaux. ENSEMBLE! demande au Maire d’indiquer clairement que le retrait annoncé du projet signifie la garantie du maintien des congés des agents, congés payés dont nous fêtons la conquête 80 ans après les grèves du Front Populaire de 1936. Ce n’est pas en supprimant des congés et en donnant l’impression qu’on sanctionne les agents qu’on fait baisser les absences au travail et qu’on améliore les conditions de travail. Alors que la droite annonce vouloir supprimer 500 000 postes de fonctionnaires et augmenter le temps de travail des enseignants, une municipalité comme la nôtre ne peut pas se résoudre, malgré l’austérité, à prendre des mesures de régression sociale. En outre, le vrai enjeu doit être mis sur la table : comment conserver et même améliorer la qualité du service public municipal dans un contexte d’austérité imposé par le gouvernement français et par l’Union Européenne ? Comment, alors qu’une partie de la population souffre et a plus que jamais besoin des services municipaux, réduire les souffrances au travail et améliorer les conditions de travail ? Pour cela, il est urgent de prendre le chemin du dialogue et de la mobilisation collective avec les syndicats et les agents, les usagers et les élus. Saint-Denis, le 7 décembre 2016.
Etrange conflit tout de même ! voilà une municipalité qui a fait du clientélisme effréné sa base électorale depuis deux décennies ... et qui se mettrait maintenant à dos 7.000 "clients" potentiels (3600 agents + conjoints) ! qui tire les ficelles ?

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