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Conflit social
/ Fin de la grève au Centre technique municipal

Après plus de 30 jours de grève, le conflit au Centre technique municipal (CTM) est terminé. Lundi 13 mars, un accord a été trouvé entre les syndicats et la municipalité.
Mardi 14 mars, les grévistes ont mis fin au blocage au Centre technique municipal (photo d'archives).
Mardi 14 mars, les grévistes ont mis fin au blocage au Centre technique municipal (photo d'archives).

La grève au Centre technique municipal (CTM) est terminée. Mardi 14 mars, après 35 jours de mobilisation, les grévistes ont mis fin au blocage. La veille, en fin de soirée, l’intersyndical (FO, Sud et CFDT) et la municipalité ont trouvé un accord. « Tous les agents ont obtenu satisfaction. C’est un soulagement pour eux », se félicite Djamila Bassi, syndicaliste FO. La Ville s’est engagée par écrit sur la situation individuelle de chaque employé. Ces derniers jours, les négociations ont buté sur le cas de quelques agents.  « Sur le fond, on ne remet pas en cause les mesures fortes sur la sécurisation du CTM. Depuis le début, on a dit qu’on accompagnerait individuellement les agents », estime le maire Laurent Russier.

Suite à la saisie d’une demi-tonne de cannabis au CTM en novembre 2016, la municipalité avait notamment annoncé, le 24 janvier, de dissoudre et de réorganiser le service des fêtes (dans lequel travaillait l’employé municipal mis en examen pour trafic de stupéfiant), de supprimer les logements de fonction au sein de la structure et d’externaliser le gardiennage.

Ces trois mesures, considérées comme des sanctions par les grévistes, sont confirmées mais les agents ont obtenu des garanties. « Les employés du service des fêtes qui souhaitent intégrer le nouveau service seront prioritaires », annonce le maire. « Ils seront réintégrés », déclare plus fermement Djamila Bassi. Cela concerne un peu plus de la moitié des effectifs de l’ancien service qui comptait une quinzaine d’agents. Plusieurs fonctionnaires ont choisi de changer de service. « Ils seront accompagnés, formés », dit Laurent Russier. Quelques-uns sont bientôt en retraite. Au final, la nouvelle entité événementielle, qui sera plus réduite, devrait pouvoir accueillir les anciens. Le nouveau poste de magasinier (pour contrôler les entrées et sorties de matériel) est par ailleurs confirmé. L’externalisation du gardiennage est acceptée. Les salariés sont assurés d’avoir le même pouvoir d’achat. « Ils gardent leurs primes », précise la syndicaliste FO.

Pour les fonctionnaires logés, ils doivent retrouver un logement de fonction avec les mêmes conditions. « La Ville compensera le loyer s’ils sont relogés dans un logement social », indique la syndicaliste. Ils continueront de loger provisoirement au CTM dans l’attente de l’attribution d’un nouveau logement.

Si Djamila Bassi se réjouit de la fin du mouvement, elle regrette que les négociations aient autant tardé à commencer du côté de la Ville. « Il a fallu 34 jours de mobilisation et 8 jours de grève de la faim pour trouver un accord », dénonce-t-elle. « On s’est vu régulièrement. On était toujours très à l’écoute », défend Laurent Russier. Il critique l’intransigeance des syndicats, même s’il reconnaît des « maladresses des deux côtés ». « On perd tous dans un conflit qui dure plus d’un mois. On devait tous être responsable pour sortir du conflit », conclut-il.

Aziz Oguz

Réactions

La semaine dernière, j'ai observé au jour le jour les progrès des négociations. Un cycle normal de propositions et de contre-propositions. Qui a donc aboutit lundi après-midi un peu avant que je me rende sur place. Et permis que, les agents ayant obtenu gain de cause, les barrières du CTM s'ouvrent de nouveau mardi midi. Ce que je suis aussi allé constater sur place. Retour à la normale : les véhicules de la ville et de Plaine Commune sortent à nouveau... C'est une très bonne chose. Cette semaine de négociations est normale : On ne trouve d'issue à un conflit qu'en prenant le temps qu'il faut pour discuter et négocier. Et plus on commence tôt à négocier, plus on termine tôt... C'est là que ce qui s'est passé ce dernier mois n'est plus tout à fait normal : qu'il ait fallu 25 jour pour que l'exécutif municipal accepte d'entamer cette négociation qui aboutit aujourd'hui est aberrant ! Dès le début de cette grève, le 10 février je l'écrivais : « Face à ce mouvement déterminé, laisser pourrir la situation n'est ni juste, ni efficace, ni responsable. » Bien des désordres auraient pu être évité si on avait agit tôt : il y a belle lurette que les véhicules de la propreté seraient ressortis sillonner notre ville ; les travaux du quotidien dans les écoles n'auraient pas pris un mois de retard. Surtout, les parents n'auraient pas eu à subir les conséquences de 3 ou 4 débrayages d'agents des cantines partis soutenir leurs collègues au CTM... Tout cela aurait pu être évité. Tout comme auraient pu être évitées des souffrances morales à des agents communaux cloués un peu trop facilement au pilori, alors qu'un voile pudique était jeté sur les responsabilités de la chaîne hiérarchique (qui a même parfois bénéficié au même moment d'une promotion !). Aussi que les souffrances physiques de personnes qui se sont engagées dans une grève de la faim pour qu'enfin des négociations s'ouvrent. Que de temps perdu ! Les mesures inéquitables autant qu’inefficaces sont largement à l’origine de la grève survenue en février et mars au CTM. De même que l'obstination du maire à refuser pendant deux mois de rendre publique l'« enquête administrative » indigente qui lui servait pourtant d'argument pour prendre des décisions concernant la vie professionnelle et familiale de salariés, et privatiser des pans entiers du service public communal. Et que des élues chargées par le maire de négocier une issue au conflit aient été directement dans la chaîne de responsabilité au moment des faits découverts en octobre dernier au CTM a à l'évidence contribué retarder l’ouverture de négociations ; et donc prolongé inutilement la durée du conflit et son durcissement par une grève de la faim de plusieurs agents communaux. Maintenant, ce conflit est terminé. Et nous allons peut-être pouvoir commencer le travail que nous imposent les faits graves survenus en octobre dernier au CTM de notre ville ? Et assumer enfin notre devoir de vérité, de lucidité et de transparence ! C'est le sens de la commission pluraliste au sein du conseil municipal que je réclame depuis novembre dernier. Et qui devrait normalement voir le jour au conseil municipal du 30 mars prochain.
@le jsd - confort de lecture - n'y a-t-il pas un moyen informatique ou autre (comme pour la rubrique "+VOUS") d'aérer le texte par des paragraphes ? Malgré ses qualités rédactionnelles, même la prose de Philippe Caro devient pénible à la lecture ...
@Mourad Je viens d'essayer de mettre des paragraphes et ce n'est pas possible. Je vais voir avec la personne aui assure la maintenance du site comment y remédier ...
Ben voyons compensation pour le loyer et puis quoi encore les pauvres chéris comment font leur collègues ils paient leur loyer eux et en plus maintien des primes meme avec changement de service ? j allucine encore previliégiés après la dissolution et bien leurs collègues doivent l avoir mauvaise maintien de tout compensation

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