En ville Portrait

Jean-Jacques Clément
/ Enragé solidaire

Hyperactif. Associatif, syndical, politique, militant… L’homme a plusieurs casquettes, dont une, sentimentale, qu’il a toujours vissée sur la tête.

Fidèle à lui-même, Jean-Jacques Clément est arrivé sur son vélo, parka jaune canari et casquette ouvrière décorée de badges militants, vissée sur une coiffure rebelle qui dit beaucoup de sa personnalité, de son attachement à la culture amérindienne comme au mouvement soixante-huitard. Lui donnant aussi souvent l’occasion de défier l’autorité de ses chefs de services qui lui mettaient régulièrement la pression pour qu’il coupe ses cheveux longs.« C’est une façon de marquer l’acceptation de la différence », soutient ce retraité hyperactif de la RATP, ému au souvenir de son père qui a fini par se décider lui aussi à arborer la même crinière dans cette entreprise de transport - qu’ils avaient - en commun.

C’est d’ailleurs à lui qu’appartenait la casquette à visière dont Jean-Jacques Clément ne se sépare jamais. « En 2005, j’ai même utilisé l’une de ses tenues d’époque de machiniste pour effectuer une tournée d’adieu que la direction – pas rancunière ! – m’avait accordé pour mon dernier jour à la RATP. » Après trente ans de services et de batailles syndicales, il avait ainsi pu reprendre pour quelques heures les commandes du bus 137, « Saint-Ouen - Villeneuve-la-Garenne, la ligne la plus conviviale du réseau », avant de se retirer d’une vie professionnelle qui lui a procuré moins la routine qu’une atypique feuille de route.

Né à Saint-Ouen en 1955, cet « enfant du 93 », élève« plutôt réservé, dans la moyenne et sans ambition démesurée », se voyait bien « devenir kiné ou prof de sports », mais son échec au bac oblige ce grand sportif, as de l’athlétisme, à envisager un plan B. Direction la RATP où, dès qu’il est titularisé, il fait sa demande au comité d’entreprise« pour être détaché comme animateur en périodes de vacances scolaires ». Une vie de saisonnier en somme, où pendant quatorze ans, le chauffeur de bus alterne entre le dépôt de Pleyel et l’encadrement de séjours sur fond d’éducation populaire, pour emmener les familles de collègues faire du ski, de la spéléo, du canyoning ou encore de la rando à vélo en Irlande. Un quotidien aussi « passionnant » que difficilement conciliable avec la vie de famille qu’il veut composer avec sa compagne Valérie. Une envie de se poser, mais une allergie au train-train qui l’incite à rebondir sur cette expérience pour accéder formateur auprès des jeunes machinistes.

Hasard de la vie, son premier élève est le fils de Jacques Grossard, patron de sa femme et ancien directeur de Plaine Renaissance puis de Plaine Commune, avec lequel il ne sait pas encore qu’il va écrire l’histoire. Celle de la Plaine Saint-Denis, où il a emménagé en 2000 avec sa compagne et leurs deux filles, quartier évidemment au cœur de l’ouvrage La Plaine d’hier et d’aujourd’hui, que tous deux ont coécrit au nom de leur association Mémoire vivante de la Plaine et qu’ils dédicaceront samedi 11 mars à 16h, à la médiathèque Don Quichotte. Un engagement associatif, mais aussi syndical, politique et militant qui lui vaut d’être toujours actif là où ça se passe et là où ça lutte, des Bonnets d’Âne aux petits déjeuners du collectif Solidarité migrants Wilson et de s’être présenté sur une liste aux municipales audoniennes de 77 et de 95, comme « citoyen engagé ». Marqué comme « gauchiste » depuis les bancs du lycée Blanqui à Saint-Ouen, il ne s’est jamais encarté faute « d’avoir trouvé la boutique », préférant la transversalité des courants politiques, qui est « une autre de [s]es spécificités ! »


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