Cultures

Projet urbain
/ En ville, les locaux motivent

L’Atelier de Plaine Commune vient d’achever une série de réunions publiques sur la place de la culture dans des espaces bien souvent réservés aux commerces : les rez-de-chaussée.
Locaux vacants dans la galerie commerciale basilique.
Locaux vacants dans la galerie commerciale basilique.

« Que peut la culture pour les rez-de-chaussée et que peuvent les rez-de-chaussée pour la culture ? » C’est la double question à laquelle l’Atelier de Plaine Commune s’est intéressé au cours d’un cycle de réunions publiques entre novembre 2017 et février 2018.Le projet « rez-de-chaussons la ville » est un « espace de réflexion et d’expérimentation sur la place de l’art et de la culture dans la fabrique urbaine, explique Marie Bongapenka, animatrice de l’Atelier.L’attractivité des rez-de-chaussée ne peut pas être exclusivement portée par le commerce. Quand il y a des locaux en longue vacance, des artistes en recherche d’atelier et des habitants en demande d’une vie locale plus dynamique, il y a forcément des propositions à faire », justifie l’animatrice.

Julien Duc-Maugé, directeur du centre d’art contemporain Synesthésie à Saint-Denis, était l’invité de l’une de ces rencontres « rez-de-chaussons ». À plusieurs reprises, le centre qu’il dirige s’est installé dans des locaux du centre commercial Basilique pour proposer aux passants un moment de culture. Ces initiatives étaient éphémères. « Généralement deux à trois mois », précise-t-il. « Nous nous sommes aperçus que lorsque nous occupions un local, celui-ci était systématiquement loué après notre passage », affirme fièrement le directeur. Ici, plusieurs boutiques ont en effet baissé le rideau. Certaines, depuis très longtemps. La culture a donc dans ce cas précis permis de revitaliser en partie l’activité du centre Basilique. À Saint-Denis, le taux de vacance commerciale se situe « entre 6 et 10% » selon Laurent Guisez de la direction du développement commercial de la Ville. Un chiffre légèrement inférieur à la moyenne nationale, mais qui pourrait être moindre si ce type d’initiative se multipliait.

Valoriser les espaces et l’image de marque des entreprises

Récemment, Synesthésie s’est même vu proposer par le propriétaire du centre commercial un bail de 10 ans. Ce local – qui sera inauguré en juin prochain – se trouve dans une zone touchée par le trafic de drogues et la prostitution. Synesthésie peut espérer la revaloriser. Ses activités culturelles centrées sur le féminisme ou encore sur la permaculture, peuvent en effet donner une tout autre image de cet espace délaissé. « Nous voulons être un acteur de prise de conscience pour les habitants », argumente Julien Duc-Maugé.

Cet usage vertueux de la culture, le promoteur immobilier Icade en a aussi bénéficié et a pu le partager au cours d’une autre réunion du programme « rez-de-chaussons ». Le projet de l’Icade store à Aubervilliers a certes permis « de travailler l’image de marque » de l’entreprise. Mais il a aussi offert « des conditions exceptionnelles aux artistes pour travailler ». Selon Emmanuel Morvan, son directeur, ce projet « est une réelle innovation car il propose une nouvelle forme de mécénat ». Des artistes ont pu occuper gratuitement les locaux vides du promoteur.

En somme, la relation entre la culture et les rez-de-chaussée est un « échange de bons procédés ». L’artiste Giovanna d’Ettorre, elle aussi invitée à « rez-de-chaussons », l’a bien compris. Avec sa Boutique des Frissons, elle a développé une activité culturelle variée. « L’idée est de travailler pour la population locale avec tous les acteurs territoriaux », soutient l’artiste. Et c’est un succès. La Boutique des Frissons a par exemple rassemblé en l’espace de quinze jours lors de son passage dans un ancien restaurant kebab d’un quartier peu animé de la Porte de la Chapelle, 342 personnes qui ont participé aux différents spectacles et ateliers proposés. Selon Maxime Boucher du groupe Quartus – premier ensemblier urbain indépendant dédié aux nouveaux usages – « un rez-de-chaussée sans vie, c’est un territoire qui s’ankylose, s’atrophie et se meurt ». C’est pourquoi, le projet « rez-de-chaussons la ville » de Plaine Commune, territoire de la culture et de la création au sein du Grand Paris, est pour lui « salutaire » mais doit aussi « s’adresser au plus grand nombre ».

Nicolas Keraudren

Réactions

La gauche bien pensante pres 68, qui pensait qu'on peu sauver la pauvre masse populaire à grand coup de tableau de médiathèque et autres. La culture ne les a jamais intéressé, y' à beaucoup de dyonisen au TGP par exemple ?

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