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Coopératives alimentaires autogérées
/ Dionycoop pousse bien

À la fin octobre, la deuxième Dionycoop a fêté son premier anniversaire dans le quartier Bel-Air. Une troisième devrait voir le jour pour une offre de produits bio que les enseignes spécialisées ne proposent pas à Saint-Denis.
la Dionycoop Bel-Air, où était fêté le samedi 28 octobre le premier anniversaire de cette coopérative autogérée.
la Dionycoop Bel-Air, où était fêté le samedi 28 octobre le premier anniversaire de cette coopérative autogérée.

Une caractéristique de Saint-Denis parmi d’autres. Malgré ses 111 752 habitants, la plus grande ville du département n’a attiré aucune enseigne de produits biologiques. Du moins depuis trente ans. Car jusque dans les années 1980, un magasin de la Vie Claire était implanté rue Gabriel-Péri. C’était l’une des rares enseignes bio à cette époque. Depuis, une implantation aurait été envisagée par Naturalia. Sans suite. Aller comme d’autres « faire mes courses à Paris, vraiment je ne pouvais pas. J’allais plutôt au supermarché, mais je consommais peu de bio. Du coup, là, c’est super », sourit Valérie dans la Dionycoop Bel-Air, où était fêté le samedi 28 octobre le premier anniversaire de cette coopérative autogérée. Installée face au lycée Suger, elle avait ouvert avec une soixantaine de personnes, sur le modèle de la première Dionycoop créée en mai 2015, cité Barbusse, rue de la Ferme. Aujourd’hui, la coop Bel-Air a presque doublé le nombre de ses clients coopérateurs, dont beaucoup sont des habitants du centre-ville. Le local de 55 m2 – contre 80 m2 rue de la Ferme – est loué au même bailleur, Plaine Commune Habitat.

« La différence, c’est aussi qu’on n’a pas encore de frigo pour les produits frais, note Chenda. Bien sûr, on n’a pas la même trésorerie. » Dans la première coopérative, le nombre d’inscrits approche en effet les 450. De leur aveu même, c’est un effectif critique pour une organisation basée sur le seul bénévolat. Autant pour tenir la boutique deux ou trois fois la semaine que pour y réceptionner toutes les trois semaines les livraisons, de plus en plus volumineuses, qu’il faut ensuite étiqueter et mettre en rayon. « Ici, compare Chenda, on n’a jamais été en panne de bras pour les livraisons. Et on n’a jamais eu à annuler une ouverture. » Mais quelle que soit le lieu, le principe de confiance n’a semble-t-il jamais été pris en défaut. D’ailleurs aucun argent en espèce ne circule. Les coopérateurs alimentent leur compte avec un chèque et le gèrent eux-mêmes à l’aide de leur fiche individuelle. Ils y déduisent à chacun de leur passage le montant de leurs emplettes. La consigne étant de laisser une avance d’au moins 50 euros pour le fonds de roulement de la coopérative, principalement pour payer les fournisseurs. Les frais de gestion du local sont couverts quant à eux par une cotisation annuelle de 20 euros.

Sur les rayonnages en bois construits par ses coopérateurs, la boutique de Bel-Air propose comme à Barbusse près de 900 références. De celles qu’on trouve dans le réseau commercial des enseignes bio à des prix bien plus élevés. Si les comptes des deux coops, suivis par les coopérateurs comptables et trésoriers, sont séparés, les fournisseurs sont peu ou prou les mêmes. Ce sont six grossistes, dont Andines la Dionysienne, et une soixantaine de producteurs parmi lesquels des apiculteurs ou des viticulteurs recommandés par des coopérateurs qui se chargent eux-mêmes des commandes et de l’approvisionnement. « Il y a aussi ce côté participatif qui me plaît énormément, reprend Valérie. C’est convivial de tenir une permanence avec par exemple un végétarien qui vous donne des recettes. » Aux échanges en boutique, s’ajoutent ceux sur Internet d’une liste de messagerie intarissable, pour des dons, des questions, des conseils…

Nées de l’Amap Court-Circuit, les Dionycoops ensemenceront-elles de nouvelles alternatives aux lois du marché et au prêt à consommer ? Qu’une enseigne bio vienne aujourd’hui à s’intéresser à Saint-Denis ne devrait en tous cas rien y changer : ces coopératives autogérées rencontrent un tel succès qu’une troisième est projetée pour le printemps dans le quartier Gare. 


Pour en savoir plus : dionycoop.org et Diony Coop, des coopératives alimentaires autogérées dans le 9-3, de Jean-Claude Richard, aux éditions Libertaires.


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