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/ Ceci est une révolution

Le 7 novembre la Cité du Cinéma a accueilli une première mondiale : la présentation du premier taxi autonome. Un véhicule, sans poste de conduite, qui devrait être commercialisé dès juillet 2018.
Entièrement électrique, Autonom cab peut transporter jusqu’à 6 personnes, et dispose d’une autonomie de 10h.
Entièrement électrique, Autonom cab peut transporter jusqu’à 6 personnes, et dispose d’une autonomie de 10h.

Même Luc Besson ne l’avait pas imaginé. Au XXIIIe siècle, le taxi volant du Cinquième élément, qui trône désormais au milieu de la grande halle de la Cité du Cinéma à Saint-Denis avait bel et bien un chauffeur. Qui a oublié Korben Dallas (Bruce Willis) ? Or dès juillet 2018, si l’on en croit Christophe Sapet, PDG de Navya (160 salariés), on devrait croiser les premiers taxis sans chauffeur dans les rues des grandes métropoles mondiales. À commencer par Paris, où l’Autonom Cab devrait être en test dès avril, dans le quartier des Invalides. D’aucuns l’annonçaient depuis des années, la révolution numérique produit ses premiers effets. Ce 7 novembre on peut même les toucher du doigt. Et on s’imagine sans peine les potentielles conséquences à moyen terme sur l’emploi de milliers de chauffeurs de taxi et VTC. Des chauffeurs VTC, très nombreux en Seine-Saint-Denis (on parlerait de 3% de la population active) qui ont cru en Uber et pourraient rapidement déchanter face à la concurrence des ces taxis autonomes.

Déjà rentable

Christophe Sapet ne s’en cache pas. Sa technologie est encore cher (230 000 € pour un autonome cab) mais elle est déjà rentable : « La différence d’amortissement entre notre véhicule et un véhicule classique est de 2 200 € par mois. Mais comme on économise le salaire du chauffeur… Par ailleurs, Autonom cab ne boit pas, ne fume pas, n’est jamais fatigué et freine plus vite. C’est un moyen de transport plus sûr et qui offre une nouvelle expérience à bord. » Bardé de caméras et de capteurs, Autonom cab ressent encore parfois le besoin d’un petit coup de main d’un centre de supervision humain. À part ça, à une vitesse maximum de 90 km/h, il fait tout, tout seul. Ce qui n’est pas sans poser quelques questions éthiques et juridiques.

En attendant la firme lyonnaise avance ses billes et compte sur le soutien des pouvoirs publics pour l’expérimentation grandeur nature. L’État a manifesté physiquement son soutien, en envoyant deux ministres à la Cité du Cinéma. Jacques Mézard (cohésion des territoires) et Elisabeth Borne (transports). « Après le train et la voiture, c’est la troisième révolution des transports, lance la ministre enthousiaste. Une loi d’orientation des mobilités va être débattue début 2018 afin notamment d’élargir les possibilités d’expérimentation de ce genre de technologie et anticiper les futurs usages. » Alors que la presse internationale et les nombreux convives, excités par cet instant révolutionnaire, façon Apple, n’en finissent pas d’immortaliser l’instant, dehors les chauffeurs de taxi patientent dans le froid. Ils sont loin de s’imaginer ce qui se trame à l’intérieur. La morale de cette fable 3.0 : quand la voiture perd les pédales, les chauffeurs de taxi peuvent trembler… et pas que de froid.

Yann Lalande

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