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/ Bouzid Yosri, jamais loin du cadre

Ce milieu offensif, qui est né à Saint-Denis, a mené sa carrière entre le Red Star et l’Entente Sannois Saint-Gratien en passant par la Grèce, tout en concrétisant une autre occasion : produire des films.
Bouzid Yosri, 31 ans, footballeur passionné de cinéma
Bouzid Yosri, 31 ans, footballeur passionné de cinéma

1 mètre 75, la silhouette fine, de petits yeux rieurs, le sourire et la parole faciles. Au moment de rembobiner une carrière dont il entame le dernier tiers, Bouzid Yosri, 31 ans, met volontiers sur pause les moments les plus joyeux. À commencer par une enfance dans le centre-ville, teintée d’insouciance, de parties de foot entre potes et marquée par la Coupe du Monde à Saint-Denis. L’expérience de 1998 agit comme un déclic. Car le foot, Bouzid y vient tardivement. Au milieu des années 90, entre l’école élémentaire Sorano et le collège De Geyter, il est d’abord tenté par la gymnastique et le trampoline : « Mais la licence coûtait 900 francs donc je restais un ou deux mois seulement. Pour s’inscrire au foot c’était moitié moins ! » Résultat, il a déjà à 13 ans lorsqu’il s’inscrit au Cosmos de Saint-Denis.

Très vite, ses facilités balle au pied lui font sauter la plupart des premières étapes. Milieu offensif rapide et bon dribbleur, Bouzid rejoint le Sdus, attire les regards de gros clubs et intègre la sélection régionale. « Là j’ai compris que quelque chose se passait, beaucoup de joueurs venaient du Red Star, du PSG… il y avait Walid Mesloub, le joueur de Lorient. Je me rappelle être allé avec mon père au siège de la Ligue et ils nous avaient donné un sac d’équipement complet en nous disant : vous ne prenez que vos crampons et vos caleçons, le reste on s’en occupe. Ça m’a marqué ! » À 16 ans, il est surclassé et fait ses premières apparitions avec l’équipe première, alors en DH, puis est repéré par le Red Star. À l’issu d’un essai face à Villemomble, qui joue en Nationale, les deux clubs veulent le signer. Sa préférence ira au Red Star. En 2009, sur les conseils de son ami Rafik Djebbour, international algérien qui joue alors à l’AEK Athènes, Bouzid Yosri file en D2 grecque, à l’Ethnikos Asteras. Mais déçu du niveau de jeu et des retards de salaires, il écourte l’aventure. À peine trois mois plus tard, le voilà de retour en France, à L’Entente Sannois – Saint-Gratien où il restera sept ans.

Sous les crampons, la caméra

Le jeune meneur de jeu profite de cette stabilité pour accorder du temps à d’autres passions. Cinéphile, Bouzid, qui invoque volontiers Scorcese, Iñárritu ou encore le cinéma coréen, se laisse embarquer par son ami d’enfance, le jeune réalisateur dionysien Fabien Mariano-Ortiz et endosse la casquette de producteur. Deux courts-métrages voient le jour : Les 16 derniers mètres, en 2011, puis Delivery l’année suivante.

Les 16 derniers mètres / the last yards from Fabien - Mariano Ortiz on Vimeo.

Le premier, tourné entre Saint-Denis et le stade Hidalgo de Saint-Gratien conte en 9 minutes un drame familial dans le milieu du foot amateur. Le petit frère de Bouzid, Saïd, y tient le rôle principal. Le casting est essentiellement dionysien. « On veut puiser dans le vivier de talent qu’il y a ici. » Le second, histoire d’un voyou désireux de changer de vie, a été tourné à New York, présenté au Festival de Cannes et a reçu de nombreuses distinctions. « Je n’ai jamais eu que le foot, à la base je n’en étais pas dingue, c’est pour ça que j’ai toujours été curieux d’autres choses. À cette époque, je sortais de l’entraînement et j’allais sur le tournage direct ! »

Bien plus qu’un simple délire entre amis, cette expérience derrière la caméra est en passe de devenir pour Bouzid un véritable projet de reconversion. De quoi continuer à cadrer une fois les crampons raccrochés.

Corentin Rocher

Un projet pour soigner les blessures

La carrière de footballeur de Bouzid Yosri a été semée de nombreuses blessures, dont certaines ont freiné sa progression. Cette expérience aura servi de moteur pour un autre projet dans lequel le Dionysien souhaite s’investir : la création d’un centre de réhabilitation sportive. « Je sais ce que ça fait de galérer pour revenir d’une blessure. Certaines peuvent tuer une carrière et dans le milieu semi-professionnel le suivi médical n’est pas aussi précis qu’en Ligue 1 ou Ligue 2 », confie Bouzid. « On développe ça en ce moment avec mon kiné. Là nous cherchons des locaux en région parisienne. Le centre permettra aux sportifs de bénéficier d’un suivi aussi important que dans un club pro. »

CR

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