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Police municipale
/ Armer pour recruter

Les policiers municipaux sont désormais armés de Taser à Saint-Denis. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité municipale. Mais pour le maire, c’est un moyen de fidéliser les agents.
Une dizaine de policiers municipaux ont été formés au maniement du pistolet à impulsion électrique. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Une dizaine de policiers municipaux ont été formés au maniement du pistolet à impulsion électrique. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Vous avez déjà peut-être remarqué ces Taser jaunes à leur ceinture. Depuis février 2018, les policiers municipaux sont équipés de pistolet à impulsion électrique (PIE). Jusqu’à aujourd’hui, ils l’ont surtout gardé dans leur étui de protection. « En trois mois, on l’a sorti à une seule occasion, sans jamais tirer, nous expliquait fin mai un fonctionnaire. Le but n’est pas de l’utiliser, mais de dissuader, de calmer une situation. On n’est pas là à vouloir tirer sur quelqu’un.» «Moins on l’utilise, moins on a de problèmes », résume un autre agent. La Ville a acheté 20 PIE avec les cartouches pour un montant d’environ 77 000 euros. Une dizaine de policiers ont déjà été formés à leur maniement. À terme, l’ensemble des agents doivent avoir l’habilitation. Pour chaque équipe de patrouille, au moins un agent est armé du PIE qui a une capacité de deux tirs.

Les policiers municipaux demandaient depuis plusieurs années à être armés. « On a répondu à une demande forte des agents qui peuvent faire face à des situations difficiles », justifie le maire communiste Laurent Russier. « On est confronté à des situations conflictuelles qui peuvent être très tendues. Les agents subissent beaucoup d’agressions verbales et parfois physiques », développe un policier. « On était obligé de réagir et de prendre une décision », renchérit Slimane Rabahallah (maj.PSGE), ancien adjoint à la tranquillité publique de 2014 à 2018, qui a dé- missionné de son poste début juin. Dans les faits, les débats ont été vifs à l’intérieur de la majorité municipale, entre les partisans et les opposants à l’armement. « Aux élections municipales de 2014, on ne s’était pas engagé à équiper la police municipale de Taser. Les agents sont confrontés à des situations tendues, mais ce n’est pas une raison pour les armer », défend Vincent Huet, maire adjoint à l’enseignement supérieur et élu du groupe Reve-Insoumis. « On n’est pas à l’abri d’un accident. Le policier peut faire face à une personne violente qui a un problème cardiaque. Il n’aura pas accès au dossier médical pour le savoir », poursuit-il. « Le risque zéro n’existe pas », admet le maire Laurent Russier. Mais pour lui, l’usage de l’arme doit se limiter à « la légitime défense ». Il juge la formation des policiers suffisamment solide pour éviter tout incident. Tout comme la présence de caméra intégrée dans le PIE.

Test psychotechnique et formation

« L’usage du PIE est limité. L’agent ne l’utilise qu’en dernier recours s’il est danger », rajoute Slimane Rabahallah. Les fonctionnaires ont d’abord passé un test psychotechnique avant de suivre cinq jours de formation juridique et pratique. Chaque année, ils devront faire deux séances d’entraînement pour garder l’habilitation. Laurent Russier rappelle qu’initialement les policiers municipaux demandaient l’armement létal. Fin 2016, son prédécesseur, Didier Paillard, a tranché en faveur du PIE. « Un bon compromis », juge l’actuel maire. Il estime que le PIE « est aussi un moyen de fidéliser les policiers municipaux ». Car comme beaucoup d’autres villes, Saint-Denis a du mal à en recruter. Actuellement, 23 postes sur 55 sont vacants. « Des policiers sont partis à cause de l’armement », assure cet agent. Pour lui comme les autres, « le Taser, c’est un minimum », à défaut d’armes à feu.

« On est pris pour cible », rajoute cet autre fonctionnaire en faisant référence à la menace terroriste. Il cite la mort de la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, tuée dans l’exercice de ses fonctions par Amédy Coulibaly en janvier 2015 à Montrouge. « Même les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP ont des armes létales », continue-t-il. En effet, depuis un décret de novembre 2016, le port des armes a été élargi en France. « Face à une attaque terroriste, qu’est-ce que vous voulez faire avec un Taser ou même une arme à feu?, estime en retour Vincent Huet. Avec ou sans armement, il sera toujours difficile de recruter des policiers municipaux. Il y a plus d’offre que de demande. Les villes sont en concurrence.» Le maire pour sa part reste opposé à l’armement létal. « Cela changerait la vision que les habitants ont de leur police municipale », expliquet-il. Mais les débats sur la police municipale et son armement sont loin d’être clos. 

Aziz Oguz

Réactions

a pierrefitte, le maire PS a organisé une votation en octobre dernier . les électeurs ont approuvé, mais les policiers ne sont pas plus nombreux aujourdhui ni même encore armés. L'armement ne les empêchera pas de partir si c'est leur volonté... et cela va encore servir de prétexte au Ministère de l'Interieur pour diminuer les effectifs au commissariat de Police (Nationale)... Pourquoi nos villes sont elles laissées à l'abandon pour l'Etat et devons nous financer localement ce qui nous est dû comme aux autres citoyens de la République ?
Bonjour arme létale ou non on a vu dernièrement un pistolet électrique sur un forcené 2 tire et rien heureusement que un policier a sortie son arme a feu et la sa la arrêter le jour ou vous aurez un mort parmi vos policiers municipaux seul le maire devra rendre compte a la justice et a la famille mesdames et messieurs les élus qui baisse la tête dans la rue et qui n'habite pas la commune ils vous est facile de dire non a l'armement prier pour que jamais cela n'arrive
Ouf ! J'ai cru qu'on ne les équiperait que des lance-pierres et de vestes rouges ... qui comme chacun le sait sont d'une redoutable efficacité face aux kalachnikov !
contrairement à ce que l'on pense, les policiers municipaux ne sont pas attachés corps et âme à une commune, leurs possibilités de muter est beaucoup plus facile qu'un policier national ou un gendarme; une fois recrutés par une autre ville, leur départ est effectif dans les 3 mois maximum sachant que dès leur arrivée en formation initiale, ils sont démarchés par des responsables de postes armés et une fois titularisés, ils n'ont que l'embarras du choix vu la pénurie de concours actuelle. Des Villes comme Saint-Denis sont moins compétitives que les autres et l'on aura compris la position extrêmement dogmatique des politiques qui s'excusent presque d'avoir donné un palliatif à l'arme à feu à leurs agents. Je regrette mais ne pas donner le minimum, à savoir une arme de poing à feu, dans le contexte actuel, c'est tout bonnement mettre des policiers en danger d'autant que l'Etat exige des communes que leurs agent sécurisent les manifestations communales et autres. La police de sécurité quotidienne repose en grande partie sur les PM.
@pm Tout mon soutien, il est impensable de demander à des agents municipaux de risquer leur vies pour qqes bobos et leur dogmes très électoralistes. Sachant que ces mêmes bobos ne vivent pas dans ces quartiers et parfois pas la ville. Ils envoient leurs enfants à Paris car ils ont les moyens, laissant nos enfants dans les mains des dealers et autres religieux lobotomisé par la pensée wahabo-salafistes.
Vincent Huet, maire adjoint à l’enseignement supérieur et élu du groupe Reve-Insoumis.contre l'armement des Policiers ??? Qu'ils s'occupent avant tout de faire rayonner Saint-Denis comme étant une ville exemplaire dans l'offre des formations, formations continues et des écoles d'excellence. Son pseudo Rêve est bel et bien soumis aux pragmatismes qu'exige le réel. ça fait peur tous ces élus si hors-sol. Faut qu'ils cessent de gouverner car nous prouvent chaque jour qu'ils sont incapables de prévoir le pire même dans le court-terme...

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