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Contre les trafics
/ «On n’est pas des citoyens de seconde zone»

Un collectif d’habitants, soutenu par la municipalité, est allé à la Préfecture à Bobigny réclamer davantage de policiers pour stopper les trafics de drogue, sources de violence dans les quartiers.
Jeudi 20 avril, deux cars, mis à disposition par la Ville, sont partis de Saint-Denis pour Bobigny
Jeudi 20 avril, deux cars, mis à disposition par la Ville, sont partis de Saint-Denis pour Bobigny

C’est une colère profonde. Une grande exaspération face à une situation qui se dégrade. Ils sont « des citoyens debout contre les trafics » de drogue. A l’appel d’un collectif d’habitants, soutenus par la Ville, environ une centaine de personnes se sont rassemblées, jeudi 20 avril, devant la préfecture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, pour demander davantage de moyens.

« La sécurité est un droit. L’égalité des territoires doit être assurée », exige le collectif, pour lequel il faudrait augmenter les effectifs de la police à 500 agents, contre environ 300 aujourd’hui. « On se sent délaissés par l’État. On n’est pas des citoyens de seconde zone », souligne l’une des porte-parole du collectif, Gisèle, à la cheffe en charge de la sécurité au bureau du préfet, venue à la rencontre des habitants. La période électorale empêche le représentant de l’Etat à recevoir une délégation de riverains et d’élus de la municipalité, dont le maire Laurent Russier. Une rencontre sera organisée après le 18 juin et les législatives. Si les Dionysiens présents doivent accepter cette temporalité, ils tirent tous la sonnette d’alarme et appellent à des actions immédiates. « Dites au préfet l’exploitation des mineurs dans le trafic, c’est devenu urgent ! », lance cette mère de famille. 

Urgent, le mot revient sans cesse. Issu de six amicales de locataires, le collectif regroupe essentiellement des habitants du nord et du centre-ville, majoritairement des retraités et des anciens Dionysiens qui ont constaté la dégradation. Les témoignages décrivent une consolidation du deal et même sa diffusion depuis environ trois ans dans des zones épargnées. Le trafic est généralement ancré dans des bâtiments HLM, comme Gabriel-Peri ou Gaston-Dourdin, mais touche aussi certaines résidences privées, impactant la vie de tous. « En fait, ça s’est banalisé, il est là le problème », dit une habitante de Sémard. « Tout le quartier est quadrillé ! Ils sont là du matin au soir ! », s’exclame Rachida(1) de Jacques-Duclos. 

Le trafic engendre son lot d’incivilités, de nuisances et surtout de violences. Des coups de feu ont été tirés dans différents quartiers, rien que ces derniers mois, faisant parfois des victimes collatérales. L’été dernier, à Pablo-Neruda, deux enfants ont ainsi été blessés par des projectiles. En janvier, un homme a été pris pour cible en pleine journée, tout près du groupe scolaire du quartier Sémard, choquant professeurs, parents et élèves.

Dimanche 2 avril, un règlement de compte a éclaté en plein après-midi à Gabriel-Péri, près d’un parc pour enfants. Pour Marc (1), qui voit le trafic s’amplifier depuis des années dans son quartier, c’était l’événement de trop. « Il y avait des mamans en poussette… Cela m’a révolté ! En plus du trafic, les types se canardent de temps en temps. Ils n’ont ni foi, ni loi. Qu’un gosse prenne une balle, ce n’est pas possible, c’est inadmissible », s’indigne froidement cet homme, en colère contre toutes les autorités publiques qui « laissent faire ». Mais, dit-il, cela ne peut pas l’empêcher d’agir. « Les gens ont peur, je les comprends, mais la seule solution, c’est de se lever. On ne peut pas se laisser faire. »

Aziz Oguz

(1) Les prénoms ont été changés.
 

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