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Noël du CCAS
/ « Une jolie parenthèse dans un quotidien difficile »

Mercredi 13 décembre, des travailleurs sociaux ont emmené des familles suivies au Centre communal d’accompagnement social pour une virée au cirque Fratellini. Pour tous, c’était l’occasion de partager un moment heureux et d’oublier pendant quelques heures les soucis quotidiens.
Mercredi 1" décembre, goûter de Noël du CCAS à l'Académie Fratellini.
Mercredi 1" décembre, goûter de Noël du CCAS à l'Académie Fratellini.

« Où est-ce qu’on met les bûches ? » Il est déjà 14h15. Les familles invitées ont pris place dans le grand chapiteau de l’académie Fratellini. Dans un espace annexe, des travailleurs sociaux disposent les dernières guirlandes sur les nappes. Ils n’ont que peu de temps pour finir de dresser avant le début du spectacle, mais ils tiennent à ce que le goûter de Noël qui viendra clôturer cette après-midi de fête soit parfait.

Il y a des boîtes pleines de confiseries, des clémentines, des gâteaux, des chips et des jus de fruits. Il y a aussi de larges bols débordants de sucreries et de Pères Noël en chocolat, qu’ils ont emballés dans du papier transparent et qu’il leur tarde de distribuer aux enfants. « Là on est dans l’alimentation plaisir et pas dans un besoin vital », se réjouit Abdel Mechdal. Cet agent ne connaît que trop bien les ressources financières du public du Centre communal d’action sociale (CCAS) pour savoir combien ce buffet va les sortir de l’ordinaire, autant que cette virée au cirque, organisée mercredi 13 décembre.

« On a tout préféré ! »

« C’était magnifique ! C’était incroyable on ne savait même pas où regarder », jubile Fatima, 1h30 plus tard. Ses quatre enfants ont adoré les acrobates du spectacle Un garçon à New York. « On a tout préféré ! », lâche la benjamine, devant une maman aux anges, « si contente de partager cette sortie avec eux ». C’est que ces moments joyeux et de pur plaisir – que sont par définition les loisirs – ne font pas toujours partie du quotidien de la cinquantaine de personnes invitées. Maria, venue avec ses enfants de 7 et 15 ans, ne pensait pas apprécier autant l’instant et parvenir à échapper quelques heures aux soucis qui la rongent. « On vit dans un hôtel, payé par le 115. Je cherche désespérément du travail, je n’en trouve pas, je n’ai pas d’argent. Tous les jours, c’est dur pour manger, pour habiller les enfants. » Cette année encore, le Père Noël ne passera pas.« C’est la vie, c’est comme ça… Il n’y a pas que nous dans cette situation », relativise Maria, qui savoure d’autant plus ce Noël avant l’heure.

« Certaines familles n’ont même pas les moyens d’améliorer un repas », témoigne Béatrice Pillot, la directrice du CCAS, à l’initiative de cette action collective. Si elle en connaît les bienfaits pour les usagers, elle en mesure l’importance pour les travailleurs sociaux. Pour eux aussi, « c’est une jolie parenthèse dans un quotidien qui est loin d’être tous les jours facile ». Pour Line Duverceau, c’est même « un très beau cadeau que de simplement voir des sourires sur les visages des gens » qu’elle et ses collègues accompagnent à l’année, malheureusement sans baguette magique. « On essaie de trouver des solutions, mais dans le contexte actuel, c’est compliqué. On aimerait avoir des réponses, mais on ne les a pas toujours », souffle une autre professionnelle. « Là, c’est une façon de montrer aux personnes qu’elles aussi ont le droit de s’accorder des moments heureux. Souvent, elles ne s’y autorisent pas, souligne Céline André, assistante sociale. De pouvoir partager avec elles un moment festif et convivial, c’est très précieux. » Ce n’est pas Abdel Mechdal qui va la contredire. Il a été touché par l’émotion que lui ont témoignée les enfants en venant chercher leur bol de friandises. « C’est un geste symbolique, mais ils vont s’en souvenir longtemps. Je le sais, parce que ma mère faisait partie de ce public. Pour Noël, il y avait eu une distribution de cadeaux à la Maison de quartier. J’avais reçu un jouet. Je n’ai jamais oublié le bonheur que cela m’avait procuré. »


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