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Réunion publique
/ « J’adore ce marché, mais on marche dans la pisse ! »

Une vingtaine d’habitants, mercredi 10 mai en mairie, ont dit leur ras-le-bol des nuisances générées par ce rendez-vous commercial des plus importants de la région, tout en affirmant leur attachement.
Vendredi 12 mai, en fin de marché, place Jean-Jaurès.
Vendredi 12 mai, en fin de marché, place Jean-Jaurès.

Le marché du centre-ville est l’un des plus grands d’Île-de-France. En moyenne, 70 000 personnes y viennent chaque semaine, selon la Ville. Une vingtaine d’habitants ont dénoncé, mercredi 10 mai lors d’une réunion publique en mairie, ce flux générateur de nuisances. « On souhaiterait que le marché ne périclite pas », s’inquiète une Dionysienne, dont l’intervention résume l’état d’esprit des habitants. Cette autre riveraine aime son marché, « il faut vivre avec », dit-elle, mais « certains habitants n’en peuvent plus du bruit » en pleine nuit à cause des premières livraisons. « Il y a des aménagements et des limites à trouver. » « Les allées sont sales. C’est dans un état épouvantable. Cela me met hors de moi ! La première qualité d’un marché, c’est l’hygiène ! », rajoute une Dionysienne. « J’adore ce marché [mais] on marche dans la pisse ! », s’emporte une dame. « Pourquoi, c’est si sale ? Pourquoi cette ville est sale ? Les gens ne respectent pas l’espace public », s’énerve une riveraine. Il est aussi question des problèmes de circulation et de stationnement. La liste des doléances est chargée.

À l’initiative de la réunion, Jaklin Pavilla, élue en charge du Grand centre-ville, et Julien Colas, en charge du commerce depuis décembre 2016. « On libère la parole. Je ne suis pas un oracle, je n’ai pas la formule magique, prévient l’adjoint. Soyons dans le pragmatisme. » Il annonce sa volonté de faire respecter les heures de fin de marché et de rendre rapidement l’espace public propre. Aujourd’hui, des commerçants ne respectent pas les horaires, le marché s’éternise parfois jusqu’à 18h. Comme le rappelle Patrick Vassallo, l’ancien élu en charge de cette délégation, les marchands rechignent à remballer parce que les clients viennent de plus en plus tard, tout particulièrement le dimanche.

Faire respecter les heures de fin de marché 

Un nouveau dispositif, concerté avec le syndicat des commerçants, sera mis en place d’ici « le mois de juin », selon la Ville. Les marchands devront absolument quitter les lieux à 15h, le mardi et le vendredi, et à 16h le dimanche, avec une obligation de début de remballage une heure plus tôt. Dans le nouveau règlement, les horaires de sortie du marché ont été sensiblement rallongés afin qu’ils soient effectivement respectés. Les contrevenants seront sanctionnés. « La verbalisation est déjà là. Si vous saviez le nombre de commerçants que j’ai sur le dos ! », poursuit l’élu, anticipant un procès en laxisme. 

Concernant la propreté, les marchands ont accès à des toilettes dans la halle, avec un employé chargé de l’entretien, que les visiteurs peuvent aussi utiliser gratuitement. La Ville annonce que celles-ci seront rénovées d’ici la fin de l’année. Des riverains soulignent que le problème se pose davantage pour les marchands de la place Jean-Jaurès (1), souvent dans l’obligation d’aller dans les cafés et les restaurants des alentours. « Le manque de propreté existe dans tout Saint-Denis, ce n’est pas que le marché », rappelle un intervenant. « Je suis au-dessus de Carrefour, ce sont des toilettes publiques pour les gens », renchérit une commerçante qui demande davantage de WC gratuits. Parallèlement, Plaine Commune va lancer cette année un plan d’action dans le centre-ville, avec la rénovation des toilettes à proximité du marché. « Dans six mois, on fait le bilan », dit Julien Colas aux habitants, promettant davantage de concertation et de points d’étape d’ici la fin de mandature en 2020.

(1) Dans l'édition papier du JSD, nous avons par erreur mentionné la place Victor-Hugo, qui se trouve face à la Basilique, pour parler de la place Jean-Jaurès. Veuillez nous excuser pour cette confusion. 

Aziz Oguz
 

Réactions

C le meilleur marche trankille il est super sympa y'a beaucoup pire
La solution à tous les problèmes c'est l'éducation. C'est-à-dire information plus sanctions -malheureusement nécessaires pour la majorité des observants- en cas de non respect des règles. Cela a toujours fonctionné ainsi dans la société, jusqu'à ce qu'on choisisse, en 1981, de faire autrement. Les résultats ne seraient pas immédiats, c'est certain, cela demandera du temps, mais il faut s'y atteler. Inutile de faire dans l'humeur, comme le "Saint-Denis n'est pas une poubelle" qui est apparu récemment. Il suffit d'énoncer les interdictions et de créer les brigades de surveillance qui les feront plus ou moins appliquer. Est-ce si dégradant pour le peuple que d'apposer à son intention des écriteaux tels que "il est interdit de déposer des ordures" ou "d'uriner", etc., et de veiller à ce que le message soit pris en compte ? Personnellement j'ai grandi à Paris dans les années 50 du siècle précédent et c'était l'environnement familier. Je ne me suis jamais senti méprisé, rabaissé ou humilié par ce décor. Je suis simplement devenu un citoyen conscient de ses obligations. Alors qu'est-ce que vous attendez, vous, les édiles responsables ?
Bonjour Comment verbalisé des personnes qui pisse,crache, jette leurs déchets au sol, 90% d'entre eux n'ont pas de papiers, le marché sale, alors la gare de saint Denis avec ses 200 000 usagés ils doivent dire quoi ? elle est propres la gare !!!!. la municipalité laisse faire, des pauvres qui se débrouille pour vivre en vendant des brochettes économie parallèle et la tranquillité pour cette municipalité mais certainement pas pour les voyageurs et les habitants. je plaint les étudiants qui vont venir vivre dans les logements qui se construises à la gare je rigole.
Nous nous sommes installés à Saint-Denis mon ami et moi il y a maintenant presque 6 ans. Nous venions du Val-de-Marne. Il faut vraiment que les gens, et en particulier les élus, prennent conscience du caractère vraiment particulier de cette ville. Pour avoir des éléments de comparaison - je travaille dans une commune similaire en taille, situation géographique et nombre d'habitants - je peux dire que je suis, chaque jour, décontenancé par ce que je vis à Saint-Denis. Cette ville est sale, surpeuplée. Marcher dans les rues du centre-ville est pour moi une expérience déroutante : l'espace public est saturé de marchands à la sauvette, partout, de badauds qui accostent les femmes pour je ne sais quelle demande, qui boivent de l'alcool en pleine rue. Rentrer de la gare principale à chez moi à pieds, c'est plonger dans l'atmosphère enfumée des vendeurs de brochettes, louvoyer entre les "cigarettes, cigarettes" et les "cartes, cartes" des chalands. Faire mon footing le long du canal, c'est, encore, croiser des groupes d'hommes (et quelques femmes) buvant, se droguant, autour, encore, de barbecues improvisés ; c'est voir glisser à la surface de l'eau des nappes d'ordures. L'habitat du centre-ville semble vieux, insalubre. Les projets de rénovation existent mais certains choix me paraissent peu judicieux : pourquoi une résidence étudiante juste devant la gare, projet qui risque, je le parie, de provoquer encore le développement d'un commerce illicite ? Pourquoi ne pas lancer une dynamique de résidentialisation ? Voilà le résumé de mon expérience de vie à Saint-Denis depuis 6 ans : le sentiment de vivre dans un espace urbain menaçant, agressif, à la limite de la saturation. Un signe qui ne trompe pas : pas une semaine sans un article dans le JSD sur l'insalubrité, des actions de riverains contre la saleté et les incivilités. Le clou restant bien sûr l'affaire du centre technique municipal transformé en plaque tournante d'un trafic de drogue par des agents municipaux... Cela existe-t-il ailleurs ? Dans les mêmes proportions je ne sais pas. En attendant, j'espère que mon témoignage sera publié et qu'il interpellera les élus dans une moindre mesure.
David, vous avez tout Dit.
@David : vous avez exprimé bien mieux que moi ce que je ressens vis-à-vis de Saint-Denis. La situation est désolante. Et c'est encore plus insupportable quand on voit la municipalité constamment dans une pose d'autosatisfaction délirante : "Fier de vivre à Saint-Denis, 135 nationalités, lalala..." NON ! On ne veut pas que vous vous gargarisiez d'une ville qui rencontre des problèmes hallucinants, on veut que vous preniez les problèmes à bras-le-corps et que vous les régliez ! Vous avez été élus pour ça ! Parce que après, faut pas venir s'étonner de la très mauvaise réputation de la ville ! Qui rejaillit ensuite sur nous tous !
Beaucoup des individus qui posent problème à Saint-Denis sont en fait ignorants des règles élémentaires. Chier, pisser, qui sont, je le rappelle, des besoins naturels, se font chez eux "naturellement", c'est-à-dire où l'on peut, où l'on se trouve. (A Katmandou, jadis, et sans doute encore aujourd'hui, on relevait sa robe, on s'accroupissait dans un coin, et caché par l'étoffe rabattue, on déféquait tranquillement à proximité des passants, c'était normal.) Démunis, pauvres, sans projets, n'ayant que leur complicité avec ceux qui leur ressemblent, et ne constatant jamais qu'on sanctionne quoi que ce soit, il est facile de comprendre qu'ils continuent à se comporter comme ils en ont l'habitude. Quand je préconise une signalétique qui définit et des préposés (+ ou - symboliques) pour sanctionner les manquements, c'est avant tout pour créer une prise de conscience, un nouveau climat, une ambiance différente du laxisme actuel. Qu'on impulse une autre mentalité. Les gens parlent entre eux et je suis sûr qu'au bout d'un certain temps, même si, en pratique, ces gens échapperont aux amendes, aux sanctions, ils comprendront qu'en faisant certaines choses ils se classent eux-mêmes parmi les réprouvés à juste titre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui car ils sont victimisés et le savent. Je crois à l'intelligence des gens tout en sachant qu'elle a besoin parfois d'être stimulée.
Des parasols achetés à 1 000 000 € (1 million d'euros) s'il vous plait dont l'entretien coûte 300 000 € / an aux habitants démunis ! 300 000€ c'est une aide pour au moins 4 à 6 immeubles pour refaire les ravalements et améliorer l'image dégradée de cette ville sale, la re-fleurir et la re-végétaliser aussi !. Si c'est pas du vol de haute-portée et une courte-vue sur les réponses aux lacunes franchement c'est pas sérieux. Sortons de la noyade et des dénis ! Aucun pas en arrière durant les 2 ans restant du mandat de la majorité municipale qui a promis espoir et dignité depuis 2014. M. Russier nous l'a promis aussi par courrier, que Saint Denis sera une ville créative Ce qui va être rapide à élaborer car on part de rien ou d'un mirage. Est-ce que Saint-Denis veut vraiment saisir la dernière opportunité avec les J-O dans 7 ans pour redorer son Blase ici, en France et dans le monde ?
Bonjour @fafa Si c'était que ça, la gestion financière de la ville est une calamité. C'est par leur argent donc ils s'en foutent. Et en plus certains parasoles ont déjà été volé...

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